Alexandra Viel : dans une goutte d’hélium
Christophe Simonato pour Rennes MétropoleEn allemand, viel signifie beaucoup. Un patronyme qui sied plutôt bien à Alexandra, la nouvelle recrue du laboratoire PALMS du département de physique de Rennes 1. Car Alexandra Viel, originaire du Mans, a déjà beaucoup bourlingué : ENS Cachan, Montpellier, Toulouse, mais aussi Berkeley (USA) et… Munich. La jeune chercheuse du CNRS occupe également beaucoup de son temps à résoudre beaucoup d’équations, lesquelles comptent elles-mêmes beaucoup de variables. Pour autant, la jeune femme n’est pas mathématicienne mais physico-chimiste. Prenons un agrégat d’atomes d’hélium, gaz léger et liquide d’une extrême fluidité. Isolons en son sein une molécule dont on voudrait étudier certaines propriétés. Soumettons celle-ci à la spectroscopie et au faisceau d’un laser. « Mon travail consiste à calculer les niveaux énergétiques de cette molécule, faiblement perturbés par la présence des atomes d’hélium », termine Alexandra Viel, à l’autre bout de la chaîne expérimentale. Après avoir disséqué sous toutes les coutures les molécules NH3 et OCS, la chercheuse s’attaque aujourd’hui à l’énigmatique malonaldéhyde. Devant son ordinateur, la chercheuse se bat avec les probabilités et les équations de Schrödinger, en faisant tourner à plein régime un super calculateur. L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole lui permettra de tripler les capacités de calcul de la machine. Concrètement, les recherches de la théoricienne ne sont pas susceptibles de déboucher à court terme sur une application pratique. « Mais il faut bien chercher partout pour trouver quelque chose d’intéressant ! ». Il faut même beaucoup chercher.
Olivier Brovelli
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