Anthony Szymczyk, membrane, ne vois-tu rien venir ?

Il est des révolutions technologiques silencieuses. Encore peu exposés sur la place publique, les procédés de séparation membranaire en sont une. Les industries agroalimentaires, les stations d’épuration et les usines de dessalement de l’eau de mer ont déjà adopté ces outils de filtration efficaces, réputés propres et peu gourmands en énergie. Maître de conférences à l’université de Franche-Comté pendant plusieurs années, Anthony Szymczyk a consacré sa thèse au sujet. Professeur intégré depuis septembre 2007 au laboratoire de Sciences
 
Anthony SZYMCZYK
chimiques de l’université Rennes 1, il approfondit aujourd’hui son étude, ciblée sur la nanofiltration.
Imaginez une feuille de polymère ou une galette de céramique, alvéolées de millions de trous invisibles à l’œil nu. Comment peuvent-ils retenir certains éléments chimiques et en laisser passer d’autres ? Le diamètre du trou n’explique pas tout. Le propos d’Anthony Szymczyk consiste à identifier et comprendre tous les mécanismes qui régissent la séparation membranaire à l’échelle nanométrique. « Les interactions hydrodynamiques et électrostatiques ont une incidence variable sur la performance d’une membrane selon l’environnement dans lequel celle-ci travaille. Tout dépend de sa charge électrique de surface, de la nature et de la concentration des éléments chimiques à séparer, du pH de la solution… », explique le physico-chimiste.
Sur la foi de résultats empiriques, des applications industrielles existent déjà, en particulier dans le secteur agroalimentaire. Pour éliminer les lipides du lait, le calcium de l’eau… « Mais la complexité des mécanismes de transport demeure un frein au développement optimal de cette technique. Il est donc nécessaire de développer des outils, simples et fiables, qui permettent de comprendre et de prévoir les propriétés de séparation des membranes de nanofiltration », complète le chercheur.
En attendant, tout est affaire de manipulation. L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (40 000 €) lui offre aujourd’hui l’opportunité de se procurer un analyseur électrocinétique,  nécessaire aux mesures de la charge électrique de surface de ses membranes.

Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain
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