Antoine Chambert-Loir : des chiffres et des… chiffres

 
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« Mais que peut bien faire un mathématicien de ses journées ? ». Il compte et calcule. Mais encore ? Il démontre des théorèmes. Agé de 34 ans, Antoine Chambert-Loir en a déjà une vingtaine à son actif.
Encore à l’ébauche, griffonné sur quelques feuilles de papier A4, le prochain a pour nom savant « l’équirépartition des points de hauteur bornée sur les variétés ». Soit une équation de nombres entiers à plusieurs variables : comment s’ordonne dans l’espace, et selon quelles régularités, la multitude de points trouvés en modifiant lesdites variables ? Voici résumé succinctement l’un des nombreux objets d’études du chercheur de l’Irmar (Institut de recherche mathématique de Rennes), en poste depuis septembre 2003.
Pas avare d’explications, l’ancien enseignant de Polytechnique a la craie facile quand il s’agit d’éclairer la lanterne de son interlocuteur. Et le tableau noir de se couvrir de formules encore plus obscures… « Vous allez me demander à quoi servent mes recherches ? A rien ! ». Si ce n’est à alimenter le corpus fondamental d’une discipline méconnue, la théorie des nombres, dont Antoine Chambert-Loir s’est fait une spécialité depuis son invention par les Grecs au Ve siècle av. J.-C.
Aujourd’hui, elle sert par exemple à crypter les données échangées entre votre carte bancaire et votre ordinateur. « Mais que peut bien faire un mathématicien de ses nuits ? ». « Il ne joue pas au loto ! », répond l’intéressé. Lequel préfère taper le bœuf à la batterie dans des formations jazz. Il en fait la démonstration par A plus B tous les jeudis soir, à la ferme de la Harpe.
L’allocation d’installation scientifique (10 000€) offrira au chercheur la possibilité d’acquérir un équipement bureautique performant ainsi que plusieurs vidéo-projecteurs, à la disposition de ses collègues.

Olivier Brovelli

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