Rennes Métropole roule pour le véhicule vert

Mardi 14 juin, la signature du protocole entre PSA Peugeot Citroën, la région Bretagne et Rennes Métropole marquait le lancement du plan Véhicule vert breton. Dès l'automne, la phase d'expérimentation portant sur les usages du véhicule électrique pourra donc débuter à Rennes et alentour.
 
Véhicule Vert Breton
 
Depuis l'installation, en 1961, de l'usine PSA Peugeot Citroën à la Janais, l'agglomération rennaise peut se targuer d'être un territoire automobile, forte de la présence de ce constructeur mondial donc, mais aussi de l'ensemble des équipementiers et de la matière grise qui accompagnent une telle implantation. Depuis le 14 juin, date de la signature entre Rennes Métropole, la région Bretagne et PSA Peugeot Citroën d'un accord ambitieux (voir focus PSA), l'agglomération rennaise passe la vitesse supérieure et peut désormais se réjouir d'être un territoire de référence pour les véhicules électriques.
« L'origine de ce projet et de la réflexion qui l'a accompagné revient au Codespar [Conseil de développement économique et social du pays et de l'agglomération de Rennes], rapidement relayé par tous ceux qui se sont penchés sur l'avenir de la filière automobile en Bretagne », rappelle François Rouault, directeur du développement économique de Rennes Métropole. La crise financière et économique oblige les acteurs à adopter une vision long terme. « Nous étions nombreux autour de l'Agence économique de Bretagne [devenue depuis Bretagne développement innovation], complète François Rouault. Et le consensus à été assez rapide ; les savoir-faire de notre territoire nous guidaient vers un positionnement ambitieux et particulier, à savoir le véhicule du futur : tout numérique, tout électrique et tout composite. »
 
De l'automobile aux technologies de la communication

Ainsi est né le projet Véhicule vert breton (VVB) dont le protocole signé le 14 juin marque une étape décisive. « Ce projet est ambitieux à plus d'un titre. D'abord d'un point de vue purement économique bien sûr, puisque la filière automobile emploie quelque 25 000 personnes en Bretagne. Mais VVB s'intéresse aussi à la question de la mobilité en intégrant des enjeux importants liés à l'amélioration de nos déplacements », ajoute François-Nicolas Sourdat, délégué général de Bretagne développement innovation.
 
Véhicule Vert Breton
 
Au-delà du champ purement automobile, le projet intègre donc des dimensions diverses, allant de la qualité des infrastructures à la mobilité, en passant par l'ingénierie informatique (voir focus 3Dmat) et l'important secteur des technologies de l'information et de la communication. « L'idée est de lever les freins au développement du marché des véhicules
électriques, argumente Jean-Luc Moreau, en charge du dossier à BDI.
Elle a guidé l'ensemble de la phase d'expérimentation qui sera lancée à l'automne. » En jeu, deux aspects importants : valoriser les actifs technologiques et industriels du territoire et devenir un territoire pionner pour l'usage des véhicules verts. D'où l'importance d'expérimenter cela aux côtés de PSA Peugeot Citroën. « C'est ce qui a le plus de sens, prône François Rouault. L'alliance entre les territoires et le constructeur est essentielle pour mener à bien nos réflexions. »

Tester les usages

Concrètement et « sur un marché en émergence totale », plusieurs expérimentations seront menées dès l'automne. Pour ce faire, PSA Peugeot Citroën s'engage à mettre à disposition à des tarifs préférentiels une centaine de véhicules électriques. Seront ainsi testés différents usages liés à l'autopartage (voir focus City'roul) ou encore à la location courte et très courte durée. « L'utilisation professionnelle du véhicule vert sera aussi testée via l'intégration de quelques véhicules à des flottes d'entreprises et de collectivités, ou encore pour des livraisons urbaines et péri-urbaines effectuées par des utilitaires », complète François Rouault.
Par ailleurs, la complémentarité entre véhicule électrique et transports en commun sera elle aussi étudiée entre Mordelles et l'Hermitage. Enfin, la liaison Rennes-Saint-Malo s'avérera être un terrain d'expérimentation intéressant. « L'idée est de tester ici l'acceptabilité de l'usager sur une route nationale, sachant que son autonomie ne sera pas beaucoup plus importante que le trajet », note Jean-Luc Moreau. D'où l'importance accordée également aux stations de recharge dont une rapide à branchements multiples sera également expérimentée. « La notion de services est essentielle dans l'usage du véhicule électrique, concluent les différents acteurs du projet. Car si nous changeons nos mentalités en termes de mobilité, il ne faut pas que la contrainte dépasse les avantages. »

Texte : AL. Grosmolard
Photo : G. Prié

 
 
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