Au printemps - faut-il craindre les pucerons ?

Pas de pucerons sans plantes et pas de plantes sans pucerons. Est-ce grave ? Dans la grande majorité des cas, non. Les plantes vivent avec. Les pucerons ponctionnent une part de la sève qu’elles élaborent et calment la croissance des plantes les plus vigoureuses. Coccinelles, syrphes, mésanges et autres croqueurs de pucerons en profitent à leur tour, et leurs interventions débarrassent les plantes de leurs trop encombrants suceurs de sève.
 
les pucerons
 
Au jardin, même scénario. Il faut bien que des plantes accueillent des pucerons, faute de quoi il n’y aura jamais d’insectes auxiliaires pour s’en nourrir et les contrôler. Intervenir à tout bout de champ, c’est priver les auxiliaires de leur nourriture et les condamner à une mort certaine ou à partir… chez le voisin.

Quand intervenir ?
Dans la plupart des cas, ne rien faire est la meilleure attitude. Tant pis si vos rosiers se couvrent de pucerons noirs, verts ou roses. Les insectes auxiliaires interviendront à temps, si votre jardin leur plaît (paillis, fleurs attractives, refuges d’hiver, etc.). Intervenez seulement pour protéger les jeunes plantations des rosiers ou des arbres fruitiers dont la formation pourrait être compromise par les attaques des pucerons. Pour protéger les jeunes choux envahis de pucerons cendrés. Pour enrayer une invasion fulgurante de pucerons cendrés du pommier ou noirs du cerisier.

Méthodes douces
Simples et rapides, elles s’appliquent autant aux plantes du jardin qu’à celles de la maison. Écrasez les pucerons avec le pouce. Si cela vous rebute, le jet d’eau dispersera les pucerons rebelles. Une fois à terre, la plupart mourront.
Plus radical mais pas trop dangereux pour les insectes auxiliaires : appliquez au pulvérisateur ou à la brosse du savon mou (ou noir) : 15 g/litre d’eau. Contre le redoutable puceron lanigère du pommier, ajoutez 150 ml d’alcool à brûler ; à renouveler une semaine après si nécessaire. Pour des plantes vertes, nettoyez les feuilles avec une éponge et du savon mou dilué (15 g/l).
Traitement de choc
Si rien n’y fait, par exemple contre les pucerons cendrés du pommier, du chou ou les noirs du cerisier, utilisez un insecticide biologique à base de pyréthrines naturelles (issues de la fleur de pyrèthre). Mais attention, ce produit naturel tue aussi les insectes auxiliaires.

Prévention
Interdisez la remontée des fourmis le long des troncs en posant un collier spécial anti-fourmi. Sinon, accrochez des abris pour les perce-oreilles au contact des branches.    

Textes et images : Denis Pépin
 
 
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