En hiver - Bed and breakfast pour oiseaux auxiliaires

 

En hiver, les mésanges n’ont pas leur pareil pour traquer les pucerons et leurs œufs, les nymphes des papillons et les insectes engourdis le long des arbres et des arbustes, jusqu’aux extrémités des branches les plus fines. Surtout la mésange bleue, la plus petite et la plus svelte. Elles peuvent, par exemple, détruire plus de 90 % des nymphes hivernantes du carpocapse, autrement dit le ver de la pomme. À la belle saison, elles se nourrissent de dizaines de milliers de pucerons, de chenilles, de moucherons… Une telle performance au service du jardinier ne peut qu’être encouragée en guise d’alternative à l’usage des insecticides !

 

jardmangemesa

Le gîte


Mais voilà, les mésanges manquent de cavités pour nicher, les vieux arbres disparaissant peu à peu. Pour y remédier, vous pouvez installer un ou deux nichoirs dans votre jardin, accroché(s) à un arbre, ou à défaut le long d’un mur de la maison, entre 2 et 6 mètres de haut, à l’abri des vents dominants, des pluies battantes, du soleil cuisant, sans être à l’ombre pour autant. Rien de plus facile que de le construire soi-même. Sinon, les jardineries proposent une large gamme de nichoirs. Attention, tous n’ont pas le même intérêt. Évitez les nichoirs fantaisie, style maisonnette, plus objets de décoration qu’efficaces et utiles. Pour les mésanges, choisissez un nichoir simple, style boîte aux lettres, ou un nichoir à balcon, mieux sécurisé contre les prédateurs (chats...). Le trou d’envol doit être de 28 mm pour accueillir des mésanges bleues, de 32 mm pour des mésanges charbonnières. Protégez le toit de la pluie avec de la toile goudronnée (shingle). Pensez aussi à un nichoir pour rouges-gorges, largement ouvert vers l’avant, et un nichoir à hirondelles pour compenser le manque de sites d’accroche pour leurs nids en terre.
Installez vos nichoirs avant la fin décembre pour fournir aux oiseaux un abri contre le gel, le vent et la pluie, mais aussi pour qu’ils s’y habituent. Le taux d’installation sera plus élevé au printemps.



jardnichoBer
 

Le restaurant


Les oiseaux hivernants dépensent beaucoup d’énergie pour résister au froid et passent beaucoup de temps à rechercher leur nourriture dans le jardin et aux alentours. Les mésanges complètent leur menu d’insectes, devenus rares, par des graines riches en graisse et des baies. Les grives traquent les limaces et les escargots, les merles les lombrics et les fruits pourris. Le nourrissage des oiseaux sauvages n’est nécessaire que si leurs aliments naturels deviennent inaccessibles parce qu’il gèle ou que le sol est couvert de neige. Il ne faut pas en faire des assistés.
Si vous les ravitaillez tout l’hiver, vous aurez certes l’occasion de découvrir de nombreux oiseaux et serez sans doute ravi du spectacle, mais les pucerons et les larves des ravageurs resteront sur les arbres fruitiers et les rosiers.
Ne donnez ni pain, ni cacahuètes salées. Le mieux et le plus simple : des graines de tournesol versées dans une mangeoire silo suspendue à la branche d’un arbre. Éventuellement un mélange spécial pour “oiseaux de la nature”. Des boules de graisse à suspendre. Voire une plaquette de margarine. Évitez les mangeoires ouvertes, plus difficiles à nettoyer, dans lesquelles les fientes peuvent souiller les graines. Elles favorisent les gros oiseaux comme les merles, déjà bien nombreux, et les verdiers bagarreurs. Pensez aussi à un petit abreuvoir pour oiseaux et renouvelez l’eau chaque matin.
Ces mangeoires et aliments pour oiseaux sont disponibles dans la plupart des jardineries signataires de la charte “Jardiner au naturel”.


Textes et photos Denis Pépin
 
Retour en haut de page

Rennes Métropole communauté d’agglomération