Bruno Bêche : la puce en habit de lumière

 
Le photon a damé le pion à l’électron. Pour transmettre des informations à longue distance et haut débit, rien ne vaut la lumière. Et celle-ci fuse à l’Institut de physique de Rennes. Spécialiste en optique et photonique, formé successivement à Besançon, Tokyo, Le Mans et Nantes, Bruno Bêche est venu renforcer l’an dernier l’équipe de chercheurs qui travaille à la constitution de composants polymères à bas coût, les fameux « MOEMS ».

 
Bruno Bêche
 
Sur ces puces grandes comme le pouce, il modélise, puis intègre et teste des « canaux » presque invisibles à l’œil nu, destinés à guider, diriger, ralentir ou moduler l’intensité d’un rayonnement lumineux émis par un laser. Jusqu’à présent, personne n’est parvenu à propager la lumière dans un « tube » d’un diamètre inférieur à 200 nanomètres.
D’un pas de géant, Bruno Bêche souhaiterait aujourd’hui passer du micro au nano afin de produire des circuits photoniques 1 000 fois plus fins qu’un cheveu… « Pour y parvenir, nous nous inspirons du milieu marin, en particulier d’une éponge dotée de microtubules, dont nous avons réussi à reproduire la croissance en laboratoire », indique le physicien.
L’allocation d’installation scientifique (40 000 €) que lui accorde Rennes Métropole permettra à son équipe d’acquérir de nouveaux lasers et des « entonnoirs à photons », nécessaires pour injecter ceux-ci dans les composants. Synonyme d’efficacité accrue à moindre prix, cette course à la miniaturisation éclaire aussi d’intéressantes perspectives d’application dans les domaines des télécommunications et des instruments de mesure (capteurs de pression, détecteurs de gaz…).

Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain
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