Centre de congrès : études historiques et patrimoniales


Autrefois situé hors les murs, à proximité de la porte Saint-Michel, le couvent des Jacobins a été classé Monument Historique en 1991. Cet édifice majeur de la capitale bretonne est resté peu connu des Rennais et des historiens d’art, qui n’y avaient pas accès depuis l’occupation des bâtiments par l’armée. La construction de la massive église Saint Aubin toute proche achèvera de faire écran à ce très beau cloître des Jacobins, pourtant intégralement conservé.



Un peu d’histoire…


Cet ensemble est une fondation dominicaine d’importance, étroitement liée à l’histoire de Bretagne et de France.

Le Couvent des Jacobins a été commandé par le Duc de Bretagne, suite à un vœu prononcé au cours de la victoire d’Auray en 1364, épisode important de la guerre de succession de Bretagne, qui a permis à Jean IV de conserver le duché, convoité par Charles de Blois.
Ce couvent est confié à l’ordre des Dominicains (ou Jacobins), ordre mendiant apparu au XIIIe siècle, en période d’expansion des villes. Cet ordre s’installe habituellement dans les quartiers pauvres, accueille un nombre important de fidèles, prodigue enseignements et prédications.

Le Couvent des Jacobins est le lieu des fiançailles d’Anne de Bretagne et de Charles VIII, en 1491, qui amorcent le rattachement de la Bretagne à la France.

Il est le témoin important de la vie religieuse à Rennes et du rayonnement spirituel de la capitale bretonne en raison notamment du pèlerinage de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, dont l’image peinte, réputée miraculeuse, (actuellement conservée à l’église Saint-Aubin) est vénérée depuis le Moyen-âge. Elle aurait protégé des Rennais d’une épidémie de peste, puis des rennais épargnés par le grand incendie de 1720.

Le couvent est également le témoin de la vie politique bretonne du XIVe au XVIIe siècle (période d’apogée du couvent). Ce couvent a été un lieu de réunion des édiles Bretons : les Etats de Bretagne s’y sont réunis à plusieurs reprises ; l’assemblée des échevins, ancêtre du Conseil municipal, y tenait également ses séances, de même que l’ordre chevaleresque breton de l’Hermine, institué en ces murs en 1382..

Enfin, le couvent fut un centre intellectuel important de la province, en raison des activités d’enseignement et de l’érudition des Dominicains (ou Jacobins), dont les cours de théologie, de philosophie et de droit canon étaient ouverts aux étudiants rennais. Foyer d’étude également remarquable, le Couvent disposait d’une bibliothèque de grande qualité dont une partie des fonds est actuellement conservée par la Bibliothèque des Champs Libres.
 
Le site recèle un potentiel archéologique intéressant. Les premiers sondages réalisés en 2007 par l’Institut national de recherche archéologiques préventives (l’INRAP) ont mis au jour dans la cour du couvent des traces de construction datant du 1er siècle av. JC au 4e siècle, ainsi qu’une voie de communication menant vers le nord de la ville, de 8 mètres de large, conduisant à un arc de triomphe, trouvé lors d’une précédente campagne rue de Saint-Malo. Les archéologues évoquent une belle illustration de l’apogée des cités gallo-romaine, époque à laquelle les villes du 3e siècle s’urbanisent fortement.





Lire l'article :En 2007, premières fouilles archéologiques autour du couvent des Jacobins
 
découverte de strates historiques sous le couvent (A.Amet)
2e campage de fouilles de l'INRAP, au printemps 2009, dans le sol du bâtiment (A. Amet - Musée de Bretagne)
 

Un ensemble architectural remarquable


Composé d’une église à collatéral, de bâtiments claustraux, d’un réfectoire et d’une salle capitulaire, le Couvent des Jacobins possède le seul cloître des XVIe et XVIIe siècles intégralement conservé à Rennes. C’est d ‘ailleurs l’intérêt de ce cloître et de la chapelle de ND de Bonne Nouvelle, qui présentent une architecture et un décor classique épurés, qui sont à l’origine du classement de l’ensemble au titre des Monuments Historiques.

Par ailleurs, le logis prieural, également classé, offre une architecture d’une grande élégance, se distinguant par une belle tourelle en encorbellement.

De nombreux éléments architecturaux de qualité méritent une restauration urgente :
la belle chaire du lecteur dans le réfectoire,
la porte Renaissance de la galerie orientale,
les nombreux enfeux de la galerie méridionale,
les chapiteaux et le portail sud de l’église,
les élégantes fenêtres du réfectoire.

Enfin, l’architecture de ce couvent tranche avec les constitutions dominicaines et se caractérise par une recherche de lumière et une exigence de décor peu courante dans les autres fondations de l’ordre dominicain . C’est un monument singulier dans l’histoire des ordres religieux en Bretagne.
 

Les étapes de la construction


plan phasage historique de la construction des Jacobins
1369-1400 : construction du chœur du chevet de la Chapelle N-D de Bonne-Nouvelle
1400-1421 : élévation dans l'église du collatéral de 50 m de long et de sa tour clocher carrée, surmontée d’un dôme et d’un campanile.
1450-1500 : réfectoire, salle capitulaire, cloître et autres locaux monastiques
1ère moitié du XVIe siècle : déplacement de la Chapelle de ND de Bonne-Nouvelle, doublement de la galerie sud
1650-1700 : reprise des galeries est, nord et ouest :
Galeries nord-est et ouest remaniées au XVIIe : Arcades classiques de style dorique, obturées et percées de petites fenêtres et de portes au XIXe siècle.
Galeries sud (percée de 6 fenêtres en plein centre) élargie au XVIe siècle.
 
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