Des solutions pour réduire sa consommation électrique

Ecowatt régule la consommation électrique (R. Volante) Jean-François Bourblanc teste le boîter qui provoque des micro-coupures "sans impact sur le confort". (R.Volante)
Les épisodes de froid de cet hiver ont bien failli provoquer en Bretagne une panne de courant majeure et la plonger dans le noir complet. Pour diminuer le risque d’un futur blackout, Rennes Métropole incite donc ses habitants, sous l’impulsion de la Région Bretagne, à pratiquer un report de leur consommation électrique non prioritaire.

C’est entre 18 et 20 heures, pendant les périodes les plus froides de l’année, que le risque d’une panne électrique de grande ampleur est le plus important dans notre région. À l’heure où de nombreux habitants rentrent chez eux, la demande en courant devient subitement importante : lampes et télévisions s’allument, suivies bientôt des premières tables de cuissons, four et micro-ondes pour préparer le repas.

« Il faut noter cependant que l’essentiel du pic est dû aux relances des chauffages électriques », remarque Guillaume Porcher, chargé de mission énergie à Rennes Métropole. « Pour répondre à la demande, la Bretagne importe presque 90 % de son électricité des régions voisines. Sa géographie péninsulaire la situe en bout de réseau : en cas de très fortes sollicitations, celui-ci peut tout à fait céder ».

Plutôt que d’augmenter indéfiniment l’offre énergétique, la Région Bretagne préfère parier sur l’implication citoyenne de ses habitants, en les incitant à reporter leur consommation électrique non prioritaire en cas de pic. Une démarche que soutient Rennes Métropole. « Elle s’inscrit en parfaite cohérence avec notre projet communautaire en matière de développement durable, explique Bernard Poirier, vice-président de Rennes Métropole délégué à la prospective et au développement durable. En particulier avec notre engagement sur la Convention des maires, qui vise à limiter les consommations énergétiques et les gaz à effet de serre. Or, le chauffage électrique est très implanté en Bretagne. L’arrivée tardive du gaz naturel est une des explications qui a conduit de nombreux ménages à opter pour l’électricité, pour le chauffage d’eau chaude. »

Ecowatt, le site d'alerte en cas de surconsommation
Plusieurs solutions s’offrent ainsi aux résidents de l’agglomération rennaise qui souhaitent se mobiliser : en premier lieu, l’inscription sur le site internet Écowatt. Le matin, d’une journée répertoriée comme sensible, un e-mail ou un SMS leur est envoyé, rappelant d’éviter les consommations électriques non nécessaires.

Le boîtier des micro-coupures
Autre solution : un boîtier piloté à distance, branché sur le chauffage électrique ou le chauffe-eau électrique, entraînant lors des pics des coupures limitées, imperceptibles par les usagers, mais qui décalent la consommation dans le temps. EDF a testé cette approche dans la région de Saint-Brieuc. Dans l’agglomération rennaise, la société Voltalis propose gratuitement ce système aux particuliers : RTE, le transporteur d’électricité, la rémunère en fonction des économies réalisées. Le particulier, lui, ne débourse pas un centime.

En raison d'un contexte particulièrement propice à l'expérience, Cesson-Sévigné teste ainsi ce service depuis quelques mois. « Pendant deux décennies, la commune a été un fort promoteur de l'énergie électrique, en particulier dans les maisons des lotissements. Face à cette situation, nous avons souhaité essayer ce système qui va dans le sens de l'intérêt général » analyse Claude Gérard, 1er adjoint chargé du développement durable. Le CIM, journal d'information municipal, en a présenté le principe aux habitants de la ville dans un article et de son côté, la mairie a installé des boitiers dans les armoires électriques ses bâtiments.

Dans d'autres communes de l'agglomération, c'est en cherchant sur internet que certains particuliers ont découvert ce principe de l'effacement diffus : « Après avoir rénové mon installation électrique, j'ai cherché à optimiser ma consommation » explique Jean-François Bourblanc, journaliste retraité à Rennes. « Après réflexion, j'ai opté pour le boîtier il y a un an : je ne me suis pour l'instant jamais rendu compte d'un changement de confort dans la maison. Pourtant les coupures d'une dizaine de minutes ont bien lieu, je peux les suivre au quotidien sur internet ». Jean-François espère à terme une diminution de sa consommation électrique.
Un premier bilan de cette expérimentation en Bretagne est prévu au printemps.

Arnaud Guillou

www.ouest-ecowatt.com et www.voltalis.com

 
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