Le lait, atout essentiel de l'agroalimentaire

Dossier réalisé en mai 2010

Premier département de France pour la production laitière, l'Ille-et-Vilaine possède aussi de nombreux atouts dans l'industrie dédiée. Les projets de recherche se multiplient dans l'agglomération et les professionnels décuplent les initiatives pour maintenir leur position et poursuivre leur développement.

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En 2009, l'Ille-et-Vilaine a été particulièrement touchée par la crise laitière. Selon la Direction régionale de l'agriculture, les éleveurs ont vu le prix moyen de leur production diminuer de 20% par rapport à 2008. Une chute notamment due à la baisse du cours du beurre et du marché de la poudre de lait. Avec elle, les collectes ont diminué de 6,5%. Une situation morose qui tend
à s'améliorer lentement.
Pour autant, les industriels laitiers multiplient les projets et se penchent davantage sur les secrets du lait. Amélioration des process, valorisation des coproduits, sécurité alimentaire, nutrition-santé, la recherche ne cesse d'avancer dans sa connaissance de cette matière première, base de notre alimentation. Qu'ils soient développés au sein du pôle de compétitivité Valorial, de la plateforme de l'Unité mixte de recherche Science et technologie du lait, en propre ou au sein du Pôle agronomique Ouest, les projets sont légion.

Usages et process

« Nous avons trois champs thématiques principaux, explique Stephan Rouverand, du Pôle Agronomique Ouest (PAO). La microbiologie, les technologies et le génie des procédés et l'axe nutrition-santé, incontournable de nos jours. » Pour mener à bien ses projets, le PAO s'appuie sur l'association Bretagne biotechnologie alimentaire (BBA) qui regroupe l'ensemble des organismes de recherche et les professionnels laitiers du Grand Ouest. Une collaboration essentielle pour un meilleur financement de programmes souvent longs - de 18 mois à 3 ans - et coûteux. « En microbiologie, nous avons actuellement trois projets en cours et deux qui viennent de s'achever, complète Stephan Rouverand. D'ailleurs, le 28 mai, nous organisons une restitution de nos résultats auprès de nos adhérents. Ces recherches permettent, par exemple, de mieux connaître l'activité des flores bactériennes, indispensables pour la transformation et la fermentation des fromages. Ainsi, on optimise leur utilisation et on adapte les outils. On peut également mieux comprendre la résistance de certaines bactéries responsables de problèmes sanitaires... »
BBA et le PAO se penchent également sur le beurre, les laits infantiles, les matières grasses du lait, etc. Ces projets collaboratifs résistent bien à la crise économique pourtant peu propice aux investissements en recherche et développement. « Ils répondent à des enjeux collectifs importants et sont sources de profits futurs, argumente Stephan Rouverand. Travailler ensemble leur confère par ailleurs un effet de levier auprès des financeurs publics. »
 
Développements complémentaires

Président de BBA, Christophe Latron est également directeur R&D de Lactalis. Le groupe, malgré son leadership, s'implique assidûment dans la recherche collaborative. « Il suffit de savoir faire la part des choses entre la recherche entreprise et l'élémentaire, indique Luc
 
Vache_Future
Morelon, responsable communication. Cela permet à chacun de progresser, petit ou grand. »
Sur les 15 500 personnes qu'emploie Lactalis en France, 2 700 sont implantées en Ille-et-Vilaine. Le groupe - mondialement connu sous ses marques Président ou Galbani, par exemple - y possède plusieurs sites à L'Hermitage, Bourgbarré, Châteaubourg, Retiers, Vitré et Torcé. Le fromage représente 47% de son activité (8,5 milliards d'euros de chiffre d'affaires au total). Comme pour l'ensemble de l'industrie agroalimentaire, l'innovation représente un levier important pour le groupe laitier qui prévoit de développer davantage ses activités dans son centre R&D de Retiers.
Et le développement international de Lactalis participe à conforter ses activités régionales. En début d'année, il vient ainsi de reprendre deux entreprises en Espagne. « Nous passons ainsi de la troisième à la première place sur le lait de consommation dans ce pays », confie Luc Morelon. Présent commercialement dans 160 pays, Lactalis développe des activités industrielles dans 24 d'entre eux et avoue avoir encore des « marges de manœuvre. »

Photos : C. Simonato - Textes : A-L. Grosmolard

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