Les éco-activités prennent leur envol

 
Dépollution, gestion de l'eau, géothermie, énergie solaire, valorisation des déchets, transports, etc. Nombreux sont les domaines liés aux éco-activités. Au dernier trimestre 2008, celles-ci représentaient d'ailleurs plus du tiers des entreprises créées en Bretagne. Chaque jour, les acteurs économiques et la recherche s'intéressent davantage à ce secteur en plein essor.
 
Paneau Solaire
 
Un engouement et une réalité économique que les partenaires du cluster Éco-origin souhaitent accélérer.
« Le changement climatique, le renchérissement des matières premières et la crise mondiale sont autant de phénomènes qui font des éco-activités une évidence de notre modèle économique. Et ce dès à présent, introduit Robert Jestin, président du Codespar (le Conseil de développement économique et social du Pays et de l’agglomération de Rennes). Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si certains grands pays, comme les États-Unis ou la France, mettent l'éco-conditionnalité au centre de leurs plans de relance. » Partant de ce constat, déjà précédé par un intérêt croissant pour le secteur, les acteurs économiques du territoire ont décidé de se réunir pour agir. Le 13 mai 2009, était ainsi posée la première pierre constitutive du cluster Éco-origin, dédié aux éco-activités et dont sont membres fondateurs Rennes Métropole, le Département d'Ille-et-Vilaine, le Pays de Rennes, Bruded, les cinq chambres de commerce et d'industrie bretonnes, les université Rennes 1 et Rennes 2 et des entreprises (l'association Bretagne éco-entreprises, Novincie).
 
Robert Jestin
 
Bouillonnement d'idées
L'enjeu? « Accélérer le déploiement des conditions qui permettent à tous les acteurs de la filière d'œuvrer ensemble et de générer de l'activité économique autour du secteur », précise Robert Jestin.
« L’idée d’un cluster est de favoriser la concentration des unités de recherche et des entreprises qui vont, ensemble, faire foisonner les idées et émerger les
innovations qui constitueront les marchés de demain », poursuit Gwenaële Hamon, vice-présidente de Rennes Métropole en charge du développement économique. Car, à l'instar de ce que précisait Gilles Le Blanc, professeur à l'École des Mines de Paris et invité de la conférence Regards économiques, le 22 avril dernier, « les éco-activités renvoient aussi à la mutation des secteurs traditionnels, au verdissement des activités et des emplois". Quel que soit le secteur d'activité, la prise en compte de l'environnement représente en effet un levier essentiel d'innovation et de créations d'activités nouvelles. Pour Gwénaële Hamon, "de nombreuses petites entreprises se développent sur des technologies propres et il nous semble évident que les institutions, notamment, doivent aussi accompagner ces innovations de façon à ce qu'elles se diffusent dans tous les secteurs existants comme l'automobile ou le bâtiment par exemple. Il s'agit là d'un axe de développement prioritaire pour les entreprises et un enjeu de croissance économique majeur pour le territoire".
 
Fertilisation croisée
Plusieurs champs d'expérimentation ont été retenus au sein d'Éco-origin : « L'eau, l'éco-construction, les transports et la mobilité, la biomasse, l'environnement et la santé sont autant de domaines pour lesquels le cluster sera un outil de gain de temps, d'anticipation et d'accès aux marchés dédiés, complète Robert Jestin. L'idée n'est pas de créer une nouvelle filière mais de favoriser, une fois de plus, le croisement entre les filières déjà présentes sur notre territoire. » Une évidence pour Gwénaële Hamon, particulièrement attachée à la « fertilisation croisée ». « Éco-origin doit apporter de l'intelligence partagée, donner une meilleure visibilité aux projets et aux acteurs de notre territoire, structurer les démarches de coopération et permettre aux entreprises, par exemple, d'avoir accès à des financements dédiés », renchérit-elle. Des objectifs finalement similaires à ceux d'un pôle de compétitivité. Les membres fondateurs du cluster ont d'ailleurs décidé de répondre à l'appel à projets national pour la labellisation de pôles dans le domaine des éco-technologies, lancé du 30 juin au 2 octobre 2009. L'eau sera au coeur de ce dossier de candidature.
 
Confirmation des activités
Quoi qu'il advienne, entreprises et chercheurs se félicitent aussi de la démarche. « Participer à l'élaboration et au fonctionnement d'Éco-origin s'est révélé une évidence pour l'université de Rennes, admettent en chœur David Alis et Guy Cathelineau, respectivement vice-président et président de Rennes 1. L'environnement et le développement durable forment l'un des axes fondamentaux de notre contrat quadriennal. Et nous jouissons d'ores et déjà d'une reconnaissance nationale et internationale dans ce secteur. Éco-origin nous permettra sans aucun doute de renforcer cet axe. » Nombreux sont les projets de Rennes 1 qui épousent les objectifs du cluster. Déjà, 2 des 3 chaires d'enseignement et de recherche que partagent le CNRS et l'université Rennes 1 portent sur l'environnement au sens large (éco-biologie et responsabilité environnementale). « Nous attendons également les résultats d'un appel d'offres pour une troisième chaire dans ce domaine », poursuit Guy Cathelineau. Par ailleurs, la création prochaine de l'Observatoire de sciences de l'univers - successeur du Caren (Centre armoricain de recherches en environnement), il regroupe quelque 260 chercheurs - et la participation de Rennes 1 à Bresmat (Bretagne RESeau MATériaux) sont autant de projets qui s'inscrivent dans " le renforcement du poids des éco-activités dans les filières universitaires ".
Déjà fortement sollicitée par les étudiants et les entreprises pour des formations dédiées, Rennes 1 compte aussi sur Éco-origin pour collaborer davantage avec les entreprises et trouver de nouvelles synergies. Des entreprises, petites et grandes, qui accueillent également Éco-origin comme un « facilitateur de rencontres dans un secteur où chacun a à apporter », explique Roland Fougère, responsable région de Geothermic système. Une attente que partagent Pascal Martin, gérant d'Armor green, et Stéphane Burban, président de Sens innov : « Le secteur est vaste et il y a beaucoup à faire. Un cluster peut nous aider, nous petites entreprises, à trouver plus facilement les bons interlocuteurs, partenaires ou clients. Et à avancer plus sereinement... »

Gros plans :

Sens Innov
Géothermic
Armorgreen

Texte : Anne-Laure Grosmolard
Photos : Christophe Simonato

 
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