Emmanuelle Reynaud : en verre et contre tout


 
Ni physicienne, ni chimiste, mais material scientist. Etrangement, le terme n’existe qu’en anglais. Une étiquette qu’Emmanuelle Reynaud a fait sienne pendant un an et demi à la prestigieuse université de Cornell, aux Etats-Unis et qu’elle a choisi de conserver de retour en France, en septembre 2002, au sein du Larmaur (Laboratoire de recherche en mécanique appliquée de l’université de Rennes 1). Discrète, cette spécialiste des sciences de la matière préfère parler de ses travaux et de son équipe que d’elle-même.
Depuis sa création en 1999, le Larmaur étudie un matériau qui donne visiblement pas mal de fil à retordre à ses membres : le verre. « Aujourd’hui, nous tâchons de comprendre les mécanismes physiques à l’œuvre quand on le raie », explique l’enseignante-chercheuse.
Parmi les différents verres, l’équipe d’Emmanuelle Reynaud a choisi le verre à vitre. Celui du métro parisien, par exemple. Peut-on mettre au point un verre qui ne se raie pas ? Emmanuelle Reynaud y travaille en supervisant les travaux de fabrication d’un film composite ultra-fin, qui est apposé directement sur la surface vitrée. Reste ensuite à caractériser la structure du matériau que l’on a sciemment zébré avec un diamant. C’est une autre partie de la tâche délicate qui incombe à la scientifique.


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L’allocation de 40 000€ financera l’acquisition d’un appareil de synthèse du verre qui permettra de développer une nouvelle méthode pour déposer le film. Derrière ses lunettes impeccables, Emmanuelle Reynaud n’a pas fini d’examiner d’autres échantillons de verre rayé.

Olivier Brovelli

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