Fabrice Célarié : quand le verre se fissure

 
Fabrice Célarié fabrique du verre pour examiner comment il se fissure. Il reçoit l'allocation d'installation scientifique 2009.
 
Ne rêvons plus : le verre incassable n’existe pas. Il aura toujours un léger défaut, synonyme de fracture, de bris et de bruit.
Fabrice Célarié partage cette certitude. Sur cet objet aussi fragile, le jeune homme a acquis un solide bagage de connaissances, forgées tout au long de son parcours scientifique, de l’Université de Montpellier au CEA de Saclay.
Désormais, c’est au Laboratoire de recherche en mécanique appliquée (LARMAUR / Université de Rennes 1) que le chercheur approfondit le sujet.
 
Fabrice Célarié (S. Priou)
Fabrice Célarié, physicien, spécialisé dans le verre (S. Priou)
 
Au quotidien, Fabrice Célarié fabrique du verre pour mieux le casser. Tout en douceur. « On synthétise des verres exotiques aux propriétés mécaniques remarquables. Des verres résistants ou plus rigides, par exemple », explique le physicien de la matière. Pour ce faire, il chauffe des poudres de silice dans un creuset, placé dans un four brûlant à 1 800°. Il en ressort un matériau amorphe, à l’organisation atomique chaotique, sur lequel le chercheur examine les mécanismes de création et de propagation des fissures. « En pratiquant la synthèse du verre dans un laboratoire de mécanique, on sait ce que l’on casse, relève le chercheur. On maîtrise toutes les étapes de l’étude, de la fabrication à la ruine du matériau ».

Au diapason des besoins technologiques de notre société, les recherches de Fabrice Célarié ont un champ d’application très large dans notre vie quotidienne. Dans le bâtiment, l’industrie ou l’informatique. Un exemple d’actualité ? Les baladeurs MP3 dont l’écran explose sans raison. Un autre exemple ? « Le disque dur de nos ordinateurs. Ils tournent de plus en plus vite. Les disques durs en verre, plus rigides, donc moins sensibles à la déformation, sont une garantie de performance », commente le scientifique. L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (40 000 €) permettra à son équipe d’acquérir des creusets en platine et un système d’analyse thermomécanique, un appareil précieux pour caractériser le verre en fonction de sa température.

Olivier Brovelli


Retour à la liste des allocations d'installation scientifique 2009.
 
Retour en haut de page

Rennes Métropole communauté d’agglomération