Florence Mongin : bricolage moléculaire

 
Si l’odeur âcre du laboratoire ne suffisait pas, la signalétique du lieu est là pour le rappeler. En chimie organique, les produits toxiques sont partout. Dans la jeune équipe de Florence Mongin, constituée en 2005 lors de son arrivée à l’UMR « Synthèse et électrosynthèse organique » de l’Université Rennes 1, les gants, les lunettes et la hotte aspirante sont obligatoires.
Chimiste INSA formée à Rouen, puis à Lausanne, l’enseignante-chercheuse apporte un soin attentif à sécuriser son environnement de travail avant de composer ses bases organométalliques.
 
Florence Mongin
A l’aide de cet outil moléculaire un peu particulier, elle s’emploie à remplacer l’atome d’hydrogène d’une molécule donnée par un métal, puis par d’autres atomes. La molécule de départ se trouve ainsi transformée en une gamme fournie de produits et de fonctions. « Nous cherchons à créer des bases suffisamment sélectives pour pouvoir intervenir sur un large éventail de molécules, des plus fragiles au plus complexes », expose la scientifique.
Opérationnel à très basse température, le procédé doit pouvoir être reproduit facilement à température ambiante s’il veut trouver un écho à l’échelle industrielle. L’allocation d’installation scientifique (40 000 €) attribuée à Florence Mongin par Rennes Métropole permettra à son équipe d’acquérir cette année les équipements nécessaires à la réalisation de l’expérience et à une analyse plus fine des résultats obtenus.
Déjà, le laboratoire pharmaceutique Glaxo a fait part de son intérêt de voir utiliser cette forme originale de synthèse moléculaire pour la recherche sur le système nerveux central et la maladie d’Alzheimer.

Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain
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