Depuis son arrivée en 2003 au sein de l’équipe de biophysique du Groupe matière condensée et matériaux de Beaulieu, le chercheur a eu le temps de peaufiner le procédé de fabrication. « On emploie la stratégie bottom-up : à partir d’une molécule spécifique, les tubes se forment et se développent par eux-mêmes », explique-t-il. Les nanotubes sortis de l’éprouvette presque par enchantement, encore faut-il savoir les manipuler et les assembler… « Nous en sommes à la phase de caractérisation et d’optimisation de leurs propriétés physiques », poursuit le chercheur CNRS, précédemment rattaché à un labo de pharmacologie de la région parisienne.
Est-il possible de remplacer la silice par d’autres matériaux comme l’or ou l’argent ? Pourrait-on en changer la morphologie ? D’après Franck Artzner, la réponse est à chercher du côté du vivant et du « bio-mimétisme ». Car en matière de nanotechnologies, la nature excelle. « Les éponges marines produisent des fibres optiques qui captent la lumière : il suffit de copier, en simplifiant ». Maintenant, on le sait. Mais jamais aucune éponge ne saura en revanche qu’elle aura peut-être contribué à la miniaturisation des micro-processeurs nouvelle génération de nos ordinateurs…
L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (40 000€) permettra notamment au laboratoire de Franck Artzner d’acquérir des pinces optiques de haute précision.
Olivier Brovelli