Etrangement, le sociologue des organisations s’intéresse aussi à d’autres échecs : ceux des créateurs d’entreprises dans le secteur des nouvelles technologies. De ses multiples allers-retours entre l’Allemagne, la France et la Californie, l’ancien étudiant de Pierre Bourdieu a acquis la certitude que les faillites des jeunes entreprises s’expliquaient davantage par leur difficulté à s’insérer dans un réseau d’organisations établies que par la médiocrité de leur production. « Il ne suffit pas de posséder une excellente technologie sur un marché dynamique : si une jeune entreprise ne bénéficie pas du soutien de ses pairs pour acquérir une réelle crédibilité, l’échec est prévisible », complète-t-il.
Prévisible, certes, mais pas inévitable car les acteurs disposent toujours d’une certaine marge de manœuvre pour adapter leur stratégie et contourner les obstacles. Qu’en est-il de la Bretagne et de ses réseaux de sociabilité organisationnels ? Comment s’en sortent les jeunes entreprises armoricaines par rapport à leurs homologues nationaux ? Guidé davantage par la curiosité que par une quelconque école de pensée, Gerhard Krauss a fait de sa région d’accueil son nouveau terrain d’exploration.
L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (10 000€) permettra à Gerhard Krauss de s’équiper en matériel informatique portable.
Olivier Brovelli