Formée à l’Université de Nice, aujourd’hui maître de conférences
rattachée au Centre de recherches historiques de l’Ouest (CERHIO /
Université Rennes 2), l’historienne a d’abord percé à jour les murs
secrets de l’abbaye de Cluny et les discours de légitimation politique
de l’institution monastique. « Sur le plan religieux, les moines
affichent leur chasteté, le degré suprême de la pureté, qui les
assimile à des anges. Pauvres parce qu’ils possèdent en commun, ils se
comparent aussi aux apôtres », commente la médiéviste.
Installée en Bretagne depuis 2007, Isabelle Rosé élargit désormais ses
investigations, étendues au XIe siècle, au monachisme de l’Ouest.
L’historienne étudie l’imbrication des réseaux aristocratiques et
monastiques, en reconstituant les liens de parenté et d’alliance entre
les deux groupes. « Les monastères servaient de catalyseur à ces
relations sociales, soudées par les donations, les échanges ou l’entrée
d’un fils en religion », explique-t-elle.
En parallèle, la chercheuse entame l’étude d’une famille de moines
atypiques, les ermites prédicateurs, très présents en Bretagne. « Par
l’analyse sémantique des textes qui les dénoncent, j’essaie de
comprendre comment et pourquoi l’Eglise a rejeté ces ermites, en les
comparant presque à des hérétiques », résume-t-elle. Ce sera l’occasion
d’examiner sous un jour neuf les biographies de certaines figures
locales, telles Eon de l’Etoile.
L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (10 000 €)
permettra à l’historienne d’acquérir les ouvrages spécialisés, les
reproductions de manuscrits et le matériel informatique nécessaire à la
poursuite de ses travaux.
Olivier Brovelli
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