Isabelle Rosé : un travail de Bénédictine

 
Spécialiste de l’histoire du haut Moyen-âge, Isabelle Rosé a suivi le sillage des moines français dans leur lente ascension sociale, entre le Ve et le Xe siècle. Elle reçoit l'allocation d'installation scientifique 2009.
 
Si discrets, si puissants. Leurs prières ont-elles été exaucées ? Lettrés et bien nés, les moines français ont acquis une place de choix dans les cercles de pouvoir de la société seigneuriale. Spécialiste de l’histoire du haut Moyen-âge, Isabelle Rosé a suivi le sillage de leur robe de bure dans leur lente ascension sociale, entre le Ve et le Xe siècle.


Isabelle Rosé étudie le monachisme au Moyen-Age, dans l'Ouest. Elle a besoin de reproductions de manuscrits anciens (S. Priou)
 
Isabelle Rosé (S. Priou)
 
Formée à l’Université de Nice, aujourd’hui maître de conférences rattachée au Centre de recherches historiques de l’Ouest (CERHIO / Université Rennes 2), l’historienne a d’abord percé à jour les murs secrets de l’abbaye de Cluny et les discours de légitimation politique de l’institution monastique. « Sur le plan religieux, les moines affichent leur chasteté, le degré suprême de la pureté, qui les assimile à des anges. Pauvres parce qu’ils possèdent en commun, ils se comparent aussi aux apôtres », commente la médiéviste.

Installée en Bretagne depuis 2007, Isabelle Rosé élargit désormais ses investigations, étendues au XIe siècle, au monachisme de l’Ouest. L’historienne étudie l’imbrication des réseaux aristocratiques et monastiques, en reconstituant les liens de parenté et d’alliance entre les deux groupes. « Les monastères servaient de catalyseur à ces relations sociales, soudées par les donations, les échanges ou l’entrée d’un fils en religion », explique-t-elle.

En parallèle, la chercheuse entame l’étude d’une famille de moines atypiques, les ermites prédicateurs, très présents en Bretagne. « Par l’analyse sémantique des textes qui les dénoncent, j’essaie de comprendre comment et pourquoi l’Eglise a rejeté ces ermites, en les comparant presque à des hérétiques », résume-t-elle. Ce sera l’occasion d’examiner sous un jour neuf les biographies de certaines figures locales, telles Eon de l’Etoile.

L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (10 000 €) permettra à l’historienne d’acquérir les ouvrages spécialisés, les reproductions de manuscrits et le matériel informatique nécessaire à la poursuite de ses travaux.

Olivier Brovelli


Revenir à la liste des aallocations d'installation scientifique 2009.
 
Retour en haut de page

Rennes Métropole communauté d’agglomération