Jean Braun : les plaques comme matricule


 
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Jean Braun cultive l’originalité. Première observation : de Liège à Rennes, en passant par Halifax puis Canberra, le physicien belge n’a jamais cessé de voyager avec sa femme, elle-même chercheuse. Deuxième constat : pour ses travaux de modélisation géodynamique, un seul ordinateur ne lui suffit plus : « En Australie, je travaillais sur 128 PC reliés en réseau par des dizaines de kilomètres de câbles ! », s’amuse-t-il. Un dispositif qu’il espère bien réinstaller progressivement dans les sous-sols du Centre armoricain de recherche en environnement de Rennes (Caren), grâce notamment à l’allocation d’installation scientifique de 40 000€ qui lui est attribuée par Rennes Métropole.
Surtout, Jean Braun s’est bâti une solide réputation internationale dans un domaine pourtant très peu étudié en Europe : la tectonique des plaques.
A partir des relevés de roches effectués par ses collègues géologues, il tente de reproduire sur écran les différents scénarii qui ont pu présider à la formation des principales chaînes montagneuses du globe.
Pendant plusieurs années, il s’est ainsi intéressé de près au mouvement de subduction de la plaque indienne sous la plaque eurasienne, d’où ont surgi l’Himalaya et le plateau tibétain. A coups d’équations mathématiques un brin complexes, il sonde aujourd’hui l’effervescence géophysique qui agite le sous-sol néo-zélandais.
Bientôt, ce sera le tour des Alpes et de la Mer Egée, dont on apprendra qu’elle s’agrandit peu à peu sous l’effet de la tectonique locale… Mais le chercheur ne perd pas de vue pour autant ses élèves, pour lesquels il sait cultiver son réseau d’amitiés internationales. Jean Braun est loin d’être à côté de la plaque.

Olivier Brovelli

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