De sa thèse consacrée à la poésie épique pendant les guerres de religion, Bruno Méniel a conservé un intérêt certain pour le fait religieux et… la colère. « Celle des prédicateurs qui exhortent les foules à massacrer leurs voisins », commente ce grand admirateur d’Honoré d’Urfé, l’écrivain catholique, et d’Agrippa d’Aubigné, le poète protestant, deux zélotes de leur religion respective. Péché capital, la colère est aussi devenu son péché mignon, lui qui entend y consacrer ses trois prochaines années de recherche littéraire.
« Pendant la Renaissance, la colère a fait l’objet de nombreuses exégèses dans des disciplines aussi variées que le droit, la médecine ou la philosophie. Je souhaiterais mettre en parallèle l’ensemble des discours qui ont été consacrés au sujet », résume l’universitaire. Ceux qui en stigmatisent les dangers et ceux qui en louent les vertus De là à publier une anthologie de textes anciens, il n’y a qu’un pas que Bruno Méniel entend bien franchir, après un patient travail de documentation en bibliothèque. Une façon de rendre compte de « l’unité de la pensée de la Renaissance » et de mesurer l’évolution des mentalités. Un thème de recherche qui ne manquera pas de trouver un écho particulier à l’heure de la résurgence des fondamentalismes religieux.
Olivier BrovelliRetour à la liste des laureats 2004