Les branches broyées, un vrai trésor

 
jardin broyeur de branche
 
Quand les feuilles sont tombées, ramassées et conservées pour les paillis du jardin, arrive le temps des tailles et des élagages des arbustes, des arbres et des haies. Un gros volume de branches à tort considéré comme un déchet. Ne les jetez surtout pas car ces branches peuvent devenir un magnifique cadeau fait à la terre et aux plantes.
 Un trésor, quasi magique, qui peut transformer en un temps record la terre lourde et compacte en une terre légère, grumeleuse et fertile. Les magiciens de cette alchimie agronomique et forestière s’appellent les champignons et… le jardinier.
Première étape, les branches doivent être broyées en copeaux. Si le volume est faible, un petit broyeur de jardin (Gardena, Bosch, Alko…) suffira, mais le broyage sera assez long. Optez plutôt pour un broyeur plus conséquent, comme le Viking GE 345 ou l’Eliet Primo, plus cher, mais vite amorti si vous l’achetez à plusieurs ou si vous le louez. Accessoires bien utiles disponibles en jardinerie : un vaste sac à déchets verts avec poignées (Intermas, Nortène…) et un sac avec ressort qui se cale sous la sortie du broyeur. Pensez aussi à des gants solides, un masque de protection du visage et une protection sonore des oreilles.
Deuxième étape, étalez le broyat de branche, sans stockage préalable, sur la terre, au pied des rosiers, légumes pérennes, vivaces, fraisiers et petits fruits, arbustes d’ornement… Gardez les branches de résineux, trop acides, pour pailler les allées. Les champignons présents dans le sol (les mêmes qu’on trouve en forêt), vont se développer rapidement et coloniser ce bois de rameaux fragmentés (BRF) de leurs filaments blanchâtres. Quelques semaines plus tard, la terre est déjà un peu plus souple. Passez alors le croc pour incorporer le broyat à la terre de surface. Les champignons décomposeurs poursuivront leur travail, tisseront des milliers de mètres de filaments, assoupliront la terre et produiront un humus stable d’excellente qualité. Une vraie révolution verte, encore peu connue. Et, récompense suprême, plus besoin de bêcher !
 
jardin paillis arbuste
 
Seul inconvénient mineur, l’azote du sol sera prélevé provisoirement par les champignons pour digérer la lignine et la cellulose des branches, réduisant la croissance des végétaux au printemps suivant. Mais il sera restitué dès l’été au profit des plantes. Surtout, n’en ajoutez pas pour ne pas nuire aux champignons.
Laissez faire la nature, elle “sait” depuis tellement longtemps comment améliorer la terre et lui donner la vie, y compris dans le jardin.
Si le broyage vous rebute, liez les branches en petits fagots et glissez-les sous les haies, les animaux auxiliaires du jardin y trouveront refuge. les sous les haies, les animaux auxiliaires du jardin y trouveront refuge. Là aussi, un “plus” indéniable.

Denis Pépin 

 
 
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