une propriétaire à la « fibre sociale »
Quand Martine a vu se profiler l’heure de la pré-retraite, elle a décidé d’investir dans l’immobilier pour s’assurer un revenu complémentaire pour ses vieux jours. La dame vit seule et ce revenu lui est nécessaire.
Elle achète donc en 1993 un T1 et un T2, à Bruz, qu’elle gère d’abord toute seule.
Dès le départ, elle souhaite loger des personnes à petits revenus. « Je trouve aberrant qu’on demande à des jeunes deux mois de loyer d’avance, plus le mois en cours, plus la caution des parents, plus les frais d’agence… Il y a trop de gens qui ne peuvent pas fournir ces plus, même en ayant un travail…» « J’ai des origines très modestes et cela ne s’oublie pas », avance-t-elle comme explication à ce qu’elle appelle sa « fibre sociale ».
Quand elle gérait elle-même son bien, il lui est arrivé d’avoir pour locataires des personnes sortant de la DDASS, des caissières à temps partiel, une jeune femme ne sachant ni lire ni écrire… A tous elle demandait un chèque de caution qu’elle n’a jamais encaissé. « Le premier de chaque mois, je trouvais mes loyers dans ma boîte aux lettres ou virés sur mon compte. Je n’ai jamais eu un seul retard de paiement. Il y a des gens qui disent que ces locataires sont … mais ce n’est pas parce qu’on n’a pas d’argent qu’on est malhonnête… »
Pour autant, cette entreprise demande beaucoup de temps : pour passer les annonces, faire visiter après chaque départ… Et Martine assume seule les risques d’un logement vide qui ne rapporte pas le loyer nécessaire au remboursement de son emprunt.
Passer par une agence renchérit toujours les coûts d’entrée pour les locataires et ne règle pas la question du risque. Elle trouve la solution à sa double question à l’AIVS, dont elle entend parler à une réunion de copropriétaire. « Au premier contact, je les ai trouvé très sympathiques. Ce sont des professionnels de l’immobilier et du phénomène social. Ils m’ont donné confiance. Ils ont visité l’appartement et l’ont pris. La salle de bain avait besoin d’être rénovée. Ils ont fait faire pour 760€ de travaux, sans retenue sur mon loyer, mais en échange de mon engagement à laisser l’appartement à disposition de l’AIVS un peu plus longtemps. »
A ses yeux, les avantages de recourir à l’AIVS sont multiples : « J’économise du temps et de l’argent. Les honoraires de gestion sont limités à 5%. Le loyer est révisé chaque année en fonction de l’indice Insee du coût de la construction. Je ne risque pas de loyer impayé. Accepter un loyer 30% inférieur au prix du marché, c’est moins de perte que si l’appartement est vacant deux mois par an. »