Mathieu Pucheault : la chimie, bientôt propre ?

 
Le chimiste Mathieu Pucheault s’emploie à faire sauter les verrous technologiques qui brident encore le développement d’une chimie fine plus respectueuse de l’environnement. Il reçoit l'allocation d'installation scientifique 2009.
 
Normale Sup’, Ecole nationale de chimie, puis Yale : le parcours d’excellence de Mathieu Pucheault tient en trois étapes. Rajoutons Rennes, désormais, et le laboratoire de chimie et photonique moléculaires (Université de Rennes 1) que le chercheur du CNRS a intégré en 2006. Dans une équipe réduite, le chimiste s’emploie à faire sauter les verrous technologiques qui brident encore le développement d’une chimie fine plus respectueuse de l’environnement.
 
Mathieu Pucheault (S. Priou)
Mathieu Pucheault, travaille à une chimie plus respectueuse de l'environnement. (S. Priou)
 
Pour l’instant, la chimie cosmétique et pharmaceutique génèrent toujours des dépenses énergétiques colossales, via l’utilisation de produits guère écologiques. Le scientifique poursuit l’idée d’apporter des solutions alternatives qui diminueraient la production de déchets et la consommation d’énergie, en conservant une productivité équivalente.

A Rennes, le chimiste travaille d’abord à améliorer les procédés de catalyse existants pour limiter l’usage de métaux lourds. « On prends des catalyseurs homogènes que l’on rend hétérogènes en les accrochant sur des particules solides. On n’a plus besoin de chauffer à très haute température pour récupérer le réactif, il suffit de filtrer. On améliore les rendements, la sélectivité, la purification et le recyclage », combine le chercheur.

En parallèle, Mathieu Pucheault vante les mérites des réacteurs continus pour optimiser l’efficacité énergétique des opérations. Aux traditionnels ballons dans lesquels s’effectuent les mélanges chimiques, le scientifique préfère les longs tuyaux de téflon de 0,1 mm de diamètre. « Ces réacteurs permettent d’injecter, de produire et d’extraire en continu les réactifs voulus. Ce qui permet de consommer 50 à 100 fois moins d’énergie », commente-t-il. Tout en limitant les risques liés au stockage de produits dangereux.

Ce changement de paradigme scientifique, au stade de la R&D, intéresse fortement l’industrie du médicament. « Le développement de ces technologies alternatives n’est plus une curiosité de laboratoire, ajoute Mathieu Pucheault. L’intérêt environnemental est aussi un gain financier ». L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (40 000 €) lui permettra d’acquérir le matériel d’analyse thermique et les pompes nécessaires à la poursuite de ses travaux.

Olivier Brovelli

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