« Le colza est une pompe à azote : plus on lui en donne, plus il en absorbe et en redemande. Résultat, 48% des coûts énergétiques de production supportés par les agriculteurs sont liés à l’utilisation d’engrais », explique la biologiste. Sans oublier le coût écologique de la pollution des sols et des eaux induit par l’usage abondant de fertilisants ou la pratique de l’épandage.
Pour accompagner le développement des biocarburants, tout en préservant les milieux naturels, Mathilde Orsel travaille à améliorer le bilan énergétique de la culture de colza. Or la plante présente justement cette particularité notable : elle ne valorise pas totalement les nutriments absorbés. C’est ce dont témoigne la haute teneur en azote contenue dans les feuilles qu’elle perd au cours de la sénescence. « Ma tâche consiste à étudier les possibilités d’une remobilisation plus efficace de l’azote vers le grain, en identifiant les gênes qui sont impliqués dans le processus », résume la chercheuse.
L’allocation d’installation scientifique (40 000 €) attribuée par Rennes Métropole lui permettra d’acquérir le congélateur - 80°C et le broyeur de végétaux nécessaires à la poursuite de ses travaux. Par la sélection et le croisements de plusieurs variétés, il sera bientôt possible un jour de produire un colza plus « écologique ». Une centaine de lignées se trouveront l’an prochain en observation dans les champs de l’INRA.
Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain
Revenir à la liste des Lauréats 2007