« En chauffant un matériau donné, nous provoquons l’évaporation d’atomes qui, par condensation, viennent se fixer sur un substrat de cristal », explique Pascal Turban, qui a intégré l’université rennaise à la rentrée 2003. On obtient alors une plaque très fine, mille-feuille de couches atomiques aux propriétés diverses. Dans l’œil du microscope, le film ressemble à un tableau de terres agricoles vues d’avion.
Il y a deux ans, le Nancéen travaillait à partir de métaux magnétiques dans un laboratoire de recherche d’Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Aujourd’hui, au sein du laboratoire Palms (Physique des atomes, lasers, molécules et surfaces), il les marie avec des matériaux semi-conducteurs.
En les manipulant, le physicien génère un courant d’électrons polarisés en « spins ». « A terme, il s’agit de fabriquer de nouveaux composants électroniques en utilisant le petit aimant porté par chaque électron », résume Pascal Turban, âgé de 29 ans.
Avantage de ces composants nouvelle génération : ils sont économes en énergie et d’une grande célérité. De la batterie des téléphones portables à l’outillage de l’électronique spatiale, les domaines d’application sont vastes. Pour la pêche à la ligne et la chasse sous-marine, les deux autres passions du physicien, il faudra en revanche attendre quelques décennies supplémentaires. L’allocation d’installation scientifique de 40 000€ permettra au laboratoire de Pascal Turban d’acquérir un microscope à « effet tunnel ».
Olivier Brovelli