Philippe Woloszyn : un bruit de qualité

 
Pour un volume sonore similaire, un chien qui aboie nous dérange-t-il plus qu’une voiture au démarrage ? Tout dépend s’il s’agit de notre chien ou de celui du voisin… Présenté comme l’une des sources de nuisance premières en ville, le bruit fait aujourd’hui sa révolution qualitative. Architecte et acousticien, Philippe Woloszyn en est l’artisan.
Quittant l’an dernier l’école d’architecture de Nantes pour l’équipe rennaise du laboratoire ESO (Espaces et sociétés) de l’Université Rennes 2, le chargé de recherche CNRS étudie l’influence des formes urbaines sur la propagation du son, sa qualité auditive et sa perception par les habitants.
 
Philippe Woloszyn
A la croisée de la physique et des sciences humaines, il s’emploie à capter, qualifier et créer des ambiances sonores, définies comme « un mode de prise de connaissance participative de la ville ».
Bardé de micros, Philippe Woloszyn opère sur le terrain des prises de son en trois dimensions. Logiquement, il s’intéresse aujourd’hui à la possibilité d’intégrer ces données dans les systèmes classiques d’information géographique. Au-delà d’une simple cartographie, imaginons à terme un globe virtuel interactif sur lequel figurerait un indice de confort sonore pour chaque rue, pour chaque place…
« Mesurer les niveaux sonores ne suffit plus pour traiter le bruit. Il faut identifier les sources de nuisance et qualifier chaque ambiance sonore en fonction de sa perception par les habitants », décrit le chercheur. Formidable outil d’aménagement durable au service de la qualité de vie, l’acoustique urbaine à de beaux jours devant elle dans les agglomérations en développement. Il était logique que Rennes Métropole aide Philippe Woloszyn à compléter sa boîte à outils de captation tridimensionnelle, en lui attribuant une allocation d’installation scientifique (40 000 €).

Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain
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