Dans cette unité de quarante scientifiques, Pierre Le Cloirec s’emploie
dorénavant à former une nouvelle équipe, spécialisée dans les procédés
de traitement de l’eau et de l’air. Son créneau ? L’adsorption, soit le phénomène par lequel des solides retiennent à leur surface des molécules présentes dans les gaz ou les liquides. Pour traiter les eaux usées ou recycler l’air vicié, la méthode est pratique.
Aujourd’hui, l’équipe participe au développement de matériaux dotés d’une grande surface spécifique, comme les charbons actifs. Ces minuscules grains de carbone, très poreux, ont une efficacité avérée dans l’élimination des micropolluants. On les trouve dans les stations de traitement d’eau potable, les carafes à décanter, les masques à gaz… « Dans cette filiation, nous développons un autre matériau, le tissu de carbone activé. Il nous sert à mettre au point un procédé alternatif de régénération par chauffage électrique », précise le chercheur.
Plus rapide, moins énergivore, cette technologie facilite le recyclage des charbons actifs souillés, en assurant l’élimination des composés organiques volatils (COV). L’allocation d’installation scientifique (AIS) de Rennes Métropole (75 000 €) permettra à son équipe d’acquérir des appareils performants de mesure et d’étude de ces matériaux.
Du laboratoire à l’application industrielle, l’équipe de Pierre Le Cloirec suit aussi la mise en œuvre des procédés à grande échelle. D’où l’intérêt de nombreux partenaires public et privés pour les fruits de ses travaux (Ademe, Renault, Véolia…). « Les exigences accrues de confort et de santé des individus se voient confortées par le renforcement de la réglementation sur l’environnement ». L’intérêt du chercheur rejoint celui de la planète.
Olivier BrovelliRetour à la liste des allocations d'installation scientifique 2009