Pierre Le Cloirec : quand la chimie va au charbon

 
Pierre Le Cloirec, directeur de l’Ecole nationale supérieure de chimie (ENSC) de Rennes, est aussi allocataire de l'AIS 2009, pour son travail dans les procédés de traitement de l’eau et de l’air.
 
Il en fut d’abord l’un de ses étudiants, puis l’un de ses enseignants. Revenu en Bretagne en 2006, après un parcours dans les écoles des Mines, Pierre Le Cloirec est désormais directeur de l’Ecole nationale supérieure de chimie (ENSC) de Rennes. A son grand bonheur, son ascension dans la hiérarchie académique ne s’est pas fait au détriment de ses activités de chercheur. Le laboratoire de chimie et d’ingénierie des procédés de l’environnement (UMR Sciences chimiques de Rennes) lui en sait gré.

 
Pierre Le Cloirec (S.Priou)
Pierre Le Cloirec, directeur de l'école de Chimie, chercheur et directeur d'une équipe de 40 scientifiques (S. Priou).
 
Dans cette unité de quarante scientifiques, Pierre Le Cloirec s’emploie dorénavant à former une nouvelle équipe, spécialisée dans les procédés de traitement de l’eau et de l’air. Son créneau ? L’adsorption, soit le phénomène par lequel des solides retiennent à leur surface des molécules présentes dans les gaz ou les liquides. Pour traiter les eaux usées ou recycler l’air vicié, la méthode est pratique.

Aujourd’hui, l’équipe participe au développement de matériaux dotés d’une grande surface spécifique, comme les charbons actifs. Ces minuscules grains de carbone, très poreux, ont une efficacité avérée dans l’élimination des micropolluants. On les trouve dans les stations de traitement d’eau potable, les carafes à décanter, les masques à gaz… « Dans cette filiation, nous développons un autre matériau, le tissu de carbone activé. Il nous sert à mettre au point un procédé alternatif de régénération par chauffage électrique », précise le chercheur.

Plus rapide, moins énergivore, cette technologie facilite le recyclage des charbons actifs souillés, en assurant l’élimination des composés organiques volatils (COV). L’allocation d’installation scientifique (AIS) de Rennes Métropole (75 000 €) permettra à son équipe d’acquérir des appareils performants de mesure et d’étude de ces matériaux.

Du laboratoire à l’application industrielle, l’équipe de Pierre Le Cloirec suit aussi la mise en œuvre des procédés à grande échelle. D’où l’intérêt de nombreux partenaires public et privés pour les fruits de ses travaux (Ademe, Renault, Véolia…). « Les exigences accrues de confort et de santé des individus se voient confortées par le renforcement de la réglementation sur l’environnement ». L’intérêt du chercheur rejoint celui de la planète.

Olivier Brovelli


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