Pierre Van de Weghe : lichens de l’espoir

 
Pas vraiment une algue, ni tout à fait un champignon. Le lichen est le mariage heureux de ces deux végétaux. Pour le meilleur et pour guérir, doit-on dire aujourd’hui. C’est ce qu’entendent prouver Pierre Van de Weghe et ses confrères du laboratoire de « Substances lichéniques et photoprotection » de l’Université de Rennes 1.
L’an dernier, le chimiste organicien a quitté Mulhouse et le CNRS pour venir poursuivre ses travaux en Bretagne, sur une thématique promise à un bel avenir thérapeutique.
 
Pierre Van de Weghe
« Les lichens se développent dans des milieux climatiques extrêmes. Ils survivent à des températures caniculaires ou glaciales car ils sont dotés de propriétés biologiques inédites », relève Pierre Van de Weghe. Par chance, le département de pharmacie de Rennes compte l’un des plus riches herbiers du genre en France.
A partir d’extraits naturels de lichen, réduits en huile ou en solide, le chimiste se charge d’étudier les structures moléculaires ainsi isolées, puis de reproduire celles-ci en quantité suffisante pour pouvoir procéder à l’évaluation biologique de leurs éventuelles propriétés. « Nous pouvons également nous inspirer du modèle naturel pour recréer des molécules analogues ». Ici réside toute l’alchimie de la synthèse.
Incorporés dans les crèmes solaires, par exemple, ces composés naturels nouveaux permettraient notamment de protéger la peau des méfaits du soleil, en absorbant les rayons UV. Toujours inspirés des lichens, d’autres produits de synthèse pourraient jouer un rôle de premier ordre dans les traitements anticancéreux ou contre la maladie d’Alzheimer. Au titre de l’allocation d’installation scientifique (40 000 €), Rennes Métropole apporte sa contribution à la recherche médicale, en finançant l’acquisition d’un polarimètre et d’une station de calculs.

Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain
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