« Lancée il y a une quinzaine d’années par un petit cercle d’experts
auprès de la Commission européenne, l’expression «formation tout au
long de la vie» est d’abord un appel à rénover en profondeur nos
conceptions sur l’apprentissage et la place des compétences dans le
développement économique et social.
Le modèle social d’acquisition
des connaissances en début de vie et de formation, essentiellement
tournée vers l’adaptation à l’emploi, est révolu», explique Vincent
Merle, Professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, dans
un colloque en septembre 2004.
Le formation tout au long de la
vie s’intéresse bien sûr à la formation initiale, qui se poursuit
désormais souvent au cours de la vie professionnelle.
Mais cette
notion de formation s’intéresse également à ce qui se passe en dehors
de la sphère professionnelle, dans la vie associative, par exemple.
Elle vise également des publics de plus en plus larges : retraités, immigrants....
Elle
concerne en outre un nombre croissant de modes d’apprentissage (les
enseignements à distance, le e-learning rendu possible par internet),
élargissant ainsi la gamme des acteurs de la formation.
Des formations multiples
On distingue trois catégories de formation :
- l’éducation / formation formelle recouvre la formation initiale primaire, secondaire et supérieure, ainsi que la formation continue qualifiante.
- l’éducation non formelle
peut s'acquérir sur lieu de travail ou dans le cadre des activités
d'organisations ou de groupes de la société civile (associations,
syndicats ou partis politiques). Elle n'aboutit pas à l'obtention de
certificats officiels.
- l’éducation informelle ou éducation « de fait »
permet d’acquérir des comportements, des valeurs, des compétences et
des connaissances, en dehors d’un dispositif structuré, à partir
d’expériences quotidiennes et des ressources de son environnement. Elle
n'est pas forcément intentionnelle.
Concurrence mondiale et décisions européennes
Le
développement de la formation tout au long de la vie s’inscrit dans le
contexte de la «société de la connaissance», qui amène de nombreux pays
à repenser leur législation et leurs dispositifs en matière de
formation.
En
1996, l’Union européenne déclare
« l’année européenne de la formation tout au long de la vie ».
La notion de « formation tout au long de la vie » s'inscrit à la fois
dans l'exigence humaniste du développement humain mais correspond aussi
à des impératifs économiques et sociaux. Il faut tout à la fois
répondre aux aspirations des salariés et aux exigences de la société et
des employeurs.
En 2000, au
Sommet de Lisbonne,
le Conseil européen se fixe pour objectif de « devenir l’économie de la
connaissance la plus compétitive et la plus dynamique du monde, capable
d’une croissance économique durable et d’une plus grande cohésion
sociale ». Pour réaliser cet objectif ambitieux, les chefs d'Etat
soulignent la nécessité d'assurer "non seulement une transformation
radicale de l'économie européenne, mais aussi un programme ambitieux en
vue de moderniser les systèmes de sécurité sociale et d'éducation."
En 2001, cet objectif est réaffirmé au
Conseil européen de Stockholm
qui fixe comme objectif de « Réaliser un espace européen de l'éducation
et de la formation tout au long de la vie ».Parmi les éléments clés de
cette stratégie :
- adapter les systèmes d'éducation et de
formation des pays membres pour proposer des offres d'éducation et de
formation sur mesure, à chaque citoyen, à tous les stades de la vie ;
-
renforcer la capacité d'insertion professionnelle et l'inclusion
sociale par des investissements dans le développement des connaissances
et des compétences des citoyens ;
- créer une société de l'information pour tous et encourager la mobilité.
Evolutions de la législation française
-
1971 : la loi sur « l’organisation de la formation professionnelle continue dans le cadre de d’éducation permanente ».
-
2002 : la loi de modernisation sociale organise la
Validation des Acquis de l’Expérience (VAE), le financement de l’apprentissage et l’offre de formation professionnelle continue.
-
2004 : la loi relative à la formation professionnelle tout au long de la vie met en place le
DIF, droit individuel à la formation
: il permet à chaque salarié de se former 20 h par an, pour développer
ses compétences, assurer une remise à niveau de ses connaissances ou
s'adapter à l'évolution de son poste de travail. Le thème du DIF doit
donc rester proche des activités de l'entreprise.