"Mon premier conseil, c'était en 1971, en avril sûrement." Guy David
n'est pas très sûr des dates, mais l'émotion reste intacte : "J'avais
tout à apprendre ! En plus, ça se passait à la mairie de Rennes, dans
les grands salons ! C'était très impressionnant pour moi, petit élu de
base d'une petite commune... " Plus aguerri, Henri Lehagre, élu de
Saint-Grégoire, confirme la solennité des assemblées et souligne : "La
majorité de l'assemblée était composée d'agriculteurs et d'enseignants
qui, autrement, ne se seraient jamais rencontrés. En fait, le premier
apport de ces conseils, c'était de faire se rencontrer des gens qui ne
se connaissaient pas. "
Les premières années consistent surtout à des mises en place :
l'installation boulevard Laënnec, le recrutement du personnel, la mise
en route de l'Agence d'urbanisme (l'Audiar)... "Mais ensuite, avec les
premières réunions de l'Audiar et de la Commission Urbanisme, dit Henri
Garnier, on avait vraiment le sentiment d'assister à la naissance de
quelque chose."
"Le gros du budget allait aux sapeurs-pompiers, le gros du travail au
Sdau, le schéma directeur d'aménagement et d'urbanisme, constate Loeiz
Laurent, représentant districal de Montgermont. On voyait que
l'urbanisation ne pouvait plus être conçue au niveau communal. Paris
demandait des réflexions à l'horizon 2010, pour s'affranchir du siècle.
À cette époque, on pouvait rêver, créer, imaginer..." Avec le recul,
cette réflexion, constate Guy David, a nourri le travail de tous :
"Toutes les communes avaient envie de faire des choses, mais sans le
District et la coordination qu'il apportait, cela aurait été assez
anarchique. Il suffit de se balader en France pour voir ce que nous
avons évité ! Le schéma directeur a permis aux communes de réfléchir à
leurs propres aménagements. Pour nous, c'était très concret."
De tous les témoins rencontrés, pas une voix discordante. Certes,
l'actualité du District, Rennes Métropole aujourd'hui, suscite des
nuances d'appréciation. Mais sa création soulève une unanimité
positive. Qu'elle s'exprime sobrement comme chez René Rolland pour
lequel "la solution du District a finalement été une solution
progressiste ". Ou de façon plus lyrique à l'instar d'Henri Garnier :
"Nous avions la foi. C'était un sacré pari sur l'avenir. Le District
est un enfant dont on est fier, qui a donné du souci à ses parents,
mais qui a grandi. On a vraiment travaillé pour les générations à
venir. Ç'a été une belle aventure, vraiment une belle aventure..."