Spécialiste de l’ADN et de l’hépatite C, Reynald Gillet puise dans l’histoire antique pour dévoiler au béotien la nature de ses recherches. « Les ARN des virus utilisent le stratagème du cheval de Troie pour tromper la vigilance des ribosomes et infecter les cellules de l’organisme. Comme les Grecs en leur temps, ils se camouflent en s’ornant d’une coiffe, l’IRES, similaire à celle des ARN humains. Les ribosomes n’y voient que du feu… », résume-t-il. Comment empêcher alors l’ARN du virus de s’exprimer dans les ribosomes ? « En coupant la tête du cheval grâce à une navette équipée de ciseaux moléculaires », poursuit le chercheur.
Une hypothèse de travail séduisante, un rien iconoclaste, mais riche de promesses. En rassembleur, Reynald Gillet a convié les chimistes de Beaulieu et les hépatologues de Pontchaillou à unir leurs efforts. « Seuls les projets transversaux ont une chance d’aboutir. Il y a quelques mois, personne ne se connaissait. Aujourd’hui, nous travaillons main dans la main ». 170 millions de personnes seraient porteurs du virus de l’hépatite C dans le monde. Reynald Gillet dit ne pas avoir une minute à perdre.
Olivier BrovelliRetour à la liste des laureats 2004