Roland Le Borgne : Quand la recherche fait mouche
Christophe Simonato pour Rennes MétropoleDes mouches avec ou sans poils, des mouches aux yeux rouges ou aux ailes recourbées… Le laboratoire de Roland Le Borgne intéresserait vivement le réalisateur d’un célèbre film d’horreur. Mais le biologiste rennais ne s’en séparera jamais car ces lignées de mouches mutantes sont son principal objet d’études depuis une dizaine d’années. D’Heidelberg à l’unité Génétique et développement de la faculté de médecine de Rennes 1, en passant par l’institut Pasteur de Lille et la rue d’Ulm, les drosophiles sont toujours demeurées à portée immédiate de son microscope. A la croisée de deux disciplines, la biologie du développement et la biologie cellulaire, ce Breton d’origine décrypte les mécanismes à l’œuvre au cours des divisions cellulaires asymétriques et dans l’acquisition de l’identité cellulaire. Quand une cellule-mère donne naissance à deux cellules-filles, pourquoi certains déterminants (protéines ou ARN) sont-ils sélectivement hérités par une seule de ces cellules ? Quelles sont les conséquences de cette asymétrie pour l’acquisition de l’identité cellulaire ? Spécialiste du transport intracellulaire et de la voie Notch, « une voie de communication entre les cellules », Roland Le Borgne justifie les tracas génétiques qu’il fait endurer à ses protégées. « La meilleure façon de comprendre un système, c’est d’en dérégler le fonctionnement pour identifier l’origine de la panne, puis la fonction de ses composantes », explique-t-il. Le choix de la mouche, un hasard ? « Plus de 60 % des gênes impliqués dans les pathologies humaines se retrouvent chez ce petit insecte », clarifie le chercheur. Derrière ces travaux de biologie fondamentale se dessinent ainsi à long terme d’autres enjeux dans le domaine de la recherche médicale. Merci la mouche !
Olivier Brovelli
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