Sandrine Depeau : Sur le chemin des écoliers
Christophe Simonato pour Rennes MétropoleDans les pays anglo-saxons, la psychologie sociale et environnementale est une discipline largement reconnue. En France, elle émerge lentement, mais sûrement. Passée par Lyon et Paris V, Sandrine Depeau en fait aujourd’hui profiter le laboratoire de géographie du RESO (Rennes 2).
Férue d’architecture et d’« utopies urbaines », la psychologue s’intéresse depuis son doctorat à l’autonomie de déplacement des enfants en milieu urbain. « Plus un enfant est autonome dans ses déplacements, plus sera structurée sa représentation de l’espace ». Mais pourquoi les enfants traversent-ils la route ici plutôt que là ? Pourquoi s’arrêtent-ils longuement à tel endroit plutôt qu’ailleurs ? « Il s’agit ensuite de comprendre comment les enfants acquièrent leur autonomie, comment perçoivent-ils les risques et comment la mobilité pédestre modifie leurs rapports à l’espace urbain et à leur environnement social », poursuit la jeune femme. En toile de fond se pose la question de la culture éducative des parents, « urbanophobes » ou « urbanophiles ». Se dessinent également quelques réflexions pour améliorer la qualité des aménagements urbains ou sensibiliser à la sécurité routière.
Pour creuser la problématique, Sandrine Depeau a choisi de centrer ses travaux sur le pédibus. Au-delà de l’aspect pratique et des enjeux environnementaux, s’agit-il d’un tremplin vers l’autonomie ou d’un nouveau moyen d’encadrer notre progéniture ? La psychologue poursuit sa tournée des écoles élémentaires, bientôt aidée dans sa tâche par quatre balises GPS à fixer sur le cartable des écoliers, acquises grâce à l’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (10 000 €). Attention à bien identifier les boulangeries sur le chemin de l’école…
Olivier Brovelli
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