Au sein du laboratoire de biologie des organismes et des populations appliquée à la protection des plantes (Université de Rennes 1), le chercheur participe à l’élaboration de solutions alternatives pour préserver la famille des brassicacées (chou, radis, brocolis…) des attaques de la mouche du chou. L’insecte ravageur pond ses œufs au pied de la plante, ses larves se chargent de la dévorer…
L’usage de l’insecticide idoine ayant été interdit par Bruxelles, le biologiste exploite les propres ressources du chou pour trouver la parade. Car tous les légumes exhalent des messages chimiques qui attirent ou repoussent les insectes. « Quand le chou est très attaqué, il produit une odeur soufrée spécifique. En début de culture, on peut utiliser ce composé chimique pour leurrer la mouche sur la qualité de la ressource », explique Sébastien Dugravot. Très volatile, cette substance se prête malheureusement mal à une pulvérisation à grande échelle dans les champs.
Le biologiste préfère donc stimuler naturellement les défenses, directes et indirectes, du chou en étudiant les mécanismes biochimique des phytohormones secrétées par la plante. « Ces composés chimiques activent des substances qui peuvent attaquer directement l’organisme de l’insecte ravageur ou attirer des parasitoïdes prédateurs», explique le scientifique. Grâce à ses émissions chimiques et odorantes, le chou appelle la nature à la rescousse…
La plus-value environnementale du procédé est évidente. Le monde agricole souligne aussi sa portée économique : la mouche du chou met en péril jusqu’à 60% des récoltes en Bretagne. Jusqu’à présent, les analyses chimiques étaient réalisées aux Pays-Bas. Grâce à l’allocation d’installation scientifique (AIS) de Rennes Métropole (40 000 €), permettant l’acquisition du matériel adéquat, elles pourront être menées en Bretagne.
Olivier BrovelliRetour à la liste des allocations d'installation scientifique 2009