Sophie Guillaume, mère de polymères

Traditionnellement, les jeunes chercheurs français effectuent leur thèse dans l’Hexagone, puis leur post-doc à l’étranger. Sophie Guillaume a suivi le parcours inverse. Formée aux Etats-Unis, c’est en France que la chimiste a développé ses recherches sur les composés organométalliques et les polymères, au CEA de Saclay puis au LCPO de Bordeaux.Chargée de recherche CNRS, elle a intégré depuis l’UMR Sciences Chimiques de l’université Rennes 1, en septembre 2006.
 
Sophie GUILLAUME
Chargée de recherche CNRS, elle a intégré depuis l’UMR Sciences Chimiques de l’université Rennes 1, en septembre 2006. Du micro au macro, elle s’y emploie à affiner les techniques de polymérisation, ce procédé qui consiste à former des chaînes de molécules, à partir de molécules simples, plus légères.
La manœuvre est connue mais ne se prête pas encore à toutes les fins. « Nous synthétisons en particulier des polymères biocompatibles avec l’organisme humain en vue d’applications dans le domaine médical », précise la scientifique.
Pour ce faire, elle utilise en priorité des molécules (carbonates, lactones…) issues des ressources renouvelables, par exemple des huiles végétales.  Plus précisément, elle associe des polymères hydrophobes et hydrophiles. De leur rencontre naissent des nanoparticules aux propriétés intéressantes. « Dans ces petites bulles, il sera bientôt possible d’encapsuler un principe actif qu’elles délivreraient au sein d’une cellule malade », poursuit Sophie Guillaume.
A titre d’exemple, ces polymères pourraient convoyer de la biotine ou du taxol, deux molécules utilisées pour le traitement de cellules cancéreuses, ou des lanthanides, employés à la détection des tumeurs par imagerie médicale.
Mais il ne faudrait pas que le bien cause davantage de dégâts collatéraux que le mal qu’il est censé réparer. D’où la nécessité d’élaborer des polymères « sains », capables de circuler dans le corps humain sans produire d’effets secondaires. « Nous travaillons également à la synthèse de polymères biodégradables, destinés à s’éliminer d’eux-mêmes dans l’organisme », complète la chimiste. L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (40 000 €) permettra à son équipe d’acquérir un calorimètre, un appareil de mesure des propriétés thermiques des polymères.

Olivier Brovelli
crédit photo Caroline Ablain

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