En hiver, la lutte biologique contre les pucerons

 
Quand arrive l’hiver, les pucerons, les chenilles et la plupart des ravageurs des jardins se mettent à l’abri. Ils attendront, au retour du printemps, la nouvelle montée de sève à sucer, les feuilles tendres à grignoter. Beaucoup mourront pendant l’hiver mais, vu leur aptitude à se multiplier, ils auront vite fait d’envahir les rosiers ou les arbres fruitiers. À moins que leurs ennemis naturels, les insectes auxiliaires, soient eux aussi au rendez-vous , prêts à les dévorer.

Des abris et des couettes pour l’hiver



Comme les auxiliaires sont toujours en nombre inférieur, il est primordial de leur donner toutes les chances de passer l’hiver. Les coccinelles, les staphylins, les carabes hibernent dans des abris de feuilles mortes, des tas de branches, de pierres, des abris de jardin, parfois dans les maisons… Les chrysopes passent l’hiver à l’état adulte dans des remises ou des greniers, des trous d’arbres ou sous forme de larve, tout comme les larves de syrphes, sous les feuilles mortes ou parmi les souches de plantes vivaces.
Vous l’aurez deviné, un jardin tiré à quatre épingles, ratissé du moindre débris végétal , livré au gel ou aux pluies battantes aura peu de chance d’offrir des abris pendant l’hiver.

Des fleurs pour les premiers butineurs



Pour favoriser au mieux la survie des auxiliaires, agissez dès maintenant. Poussez les feuilles mortes sous vos haies. Avec les tiges sèches, les tailles de haies ou des branches mortes, formez des fagots sous les arbustes. Laissez le lierre s’installer sous vos haies, il n’y a pas meilleur abri ni meilleur couvre-sol contre les “mauvaises herbes”. Dans vos massifs, différez l’essentiel du nettoyage jusqu’à la fin mars.

jardinage
D.Pépin
 


Installez des plantations attractives pour les auxiliaires : des plantes couvre-sol sous les rosiers, les massifs arbustifs ou en lisière des haies. Remplacez une partie de vos haies de thuyas ou de lauriers-palmes par des haies fleuries. Plantez des arbustes et des vivaces qui seront en fleurs dès mars ou en automne. Vous offrirez ainsi le gîte et le couvert aux insectes auxiliaires car, mis à part les coccinelles et les coléoptères, la plupart d’entre eux butinent au stade adulte le pollen ou le nectar des fleurs.

Bien nourris, ils pondent plus de larves qui, elles, s’attaquent aux pucerons.
La larve de syrphe (ici un adulte en train de butiner) dévore 700 pucerons en 10 jours d’existence. Une larve de chrysope dévore jusqu’à 500 pucerons ou 10 000 acariens en deux semaines d’existence.
 
Étant actives bien plus tôt que les coccinelles, elles éliminent les premières colonies de pucerons avant qu’ils n’atteignent le seuil de nuisibilité. Les coccinelles assurent un “nettoyage” de finition. Vous n’imaginiez pas tout ce que la nature peut faire pour vous !
Soyez attentifs à offrir des floraisons attractives en mars et en automne. Une petite sélection ? Pour la fin d’hiver : le laurier tin, la viorne bodnantense, le superbe cornouiller mâle, le cognassier du Japon Nicoline, l’anémone Sylvie, les pulmonaires… À l’automne, abélia, arbousier, aster, cosmos, cyclamen, lierre…


Textes et photos Denis Pépin
 
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