En hiver - Des refuges pour les animaux

 
L’automne est là et quelques vagues de froid annoncent l’arrivée de la grande marée de l’hiver. Les feuilles mortes chantent sous les pas et, poussées par le vent, s’amoncellent le long des haies et des massifs arbustifs. Quelques grosses araignées noires cherchent encore à entrer dans les maisons. Finis les affûts dans le jardin à la recherche d’une tendre chenille. Il est temps de se mettre à l’abri. Le vent mouillé déjà revient, le froid aussi et la pénurie. De nombreux animaux du jardin ont accumulé des réserves de graisse et de protéines au cours de l’été et de l’automne. Ils doivent maintenant s’emmitoufler. Chacun à leur manière.
 
papillon
© D.Pépin
 

Les jolis Paons du jour, gavés de pollen et de nectar après s’être délectés de feuilles d’ortie quand ils étaient chenilles, s’introduisent dans les remises et les greniers, dans les sous-sols ou les appentis.
 
Tout est bon pour se mettre à l’abri du froid : derrière une armoire de rangement ou des planches posées à la verticale... Autant que possible, à l’abri des toiles d’araignées. Les belles chrysopes si friandes de pucerons lorsqu’elles sont jeunes, s’installent volontiers sur les rideaux des fenêtres, dans les vieilles armoires mal fermées du grenier ou du sous-sol. Les coccinelles recherchent les fissures à l’abri de l’humidité. Dans un vieux mur, dans les fentes des dormants des fenêtres, dans les feuillures des volets, un tas de bois, une crevasse d’écorce. Bien d’autres insectes s’installent dans les litières épaisses sous les arbres et les haies et les touffes des plantes vivaces.
Si la chance leur sourit, ces chrysopes, coccinelles et autres syrphes seront les premières à s’interposer contre les pucerons qui hivernent aussi dans le jardin, réduisant ainsi les risques de pullulation de ces ravageurs au retour du printemps.
Dans le jardin, le rouge-gorge d’ordinaire forestier se rapproche des maisons et suit avec attention les travaux de sol.


Un ver “fil de fer” (larve de taupin) par ci, une noctuelle par là. Un gros lombric aussi ; tant pis !
Le hérisson se goinfre autant qu’il le peut encore des dernières provisions de la nature : vers, fruits tombés, limaces, insectes... Il n’a plus de temps à perdre pour construire son abri d’hibernation dans un jardin calme et accueillant du quartier.
 
herisson
© D.Pépin

Petit coup de pouce


Il est possible de l’aider un peu, lui comme les autres petits animaux, en mettant à sa disposition des brindilles, un gros tas de feuilles ou d’herbes sèches déposées sous des haies denses, derrière une large planche inclinée adossée à la cabane du jardin ou dans le garage. En montant un tas de bois un peu lâche pourvu de cavités accessibles ou en installant une caisse retournée avec une ouverture de 12 cm couverte d’une grosse épaisseur de foin.
N’essayez pas d’aller voir si “vos abris” sont visités et prenez garde à ne pas donner un coup de fourche malencontreux dans un tas de feuilles mortes, de broussailles ou de foin, ni à les brûler en nettoyant le jardin.
Le premier hiver est la principale cause de mortalité des jeunes hérissons puis, dans 25 % des cas, l’absorption directe ou indirecte de pesticides comme l’antilimace !
Si une mare, un plan d’eau ou un ruisseau coule non loin du jardin, il est fort possible que des batraciens tentent encore d’y trouver refuge pour passer l’hiver. En particulier les jeunes crapauds, les grenouilles rousses et les tritons. Ils apprécieront un tas de bois, de pierres, un paillis épais de feuilles mortes.
L’heure n’est plus au nettoyage du jardin. Ratissé du moindre débris, tondu ras ou tiréau cordeau, il n’offrirait aucune chance de survie aux animaux du jardin qui, pour la plupart, sont les amis du jardinier.


Textes et photos: Denis Pépin

 
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