En hiver - N'ayez pas peur de tailler

 
Par crainte de mal faire ou par peur de les abîmer, vous êtes nombreux à hésiter à tailler vos arbustes et vos haies fleuries. Les arbustes profitent de vos incertitudes pour s’élargir et gêner. Certains, abandonnés, fleurissent moins généreusement et perdent le peu de branches basses qui leur restaient laissant des trouées minables garnies de bois mort.

Y a-t-il des règles de taille ?


Oui et non. Non, car pour une même espèce, on peut tailler plus ou moins court, en fonction de l’effet recherché. D’où des avis contradictoires.
En haie, la taille vise à maintenir une bonne densité du feuillage à la base et une bonne aération au sommet, à réduire le volume général (voir la rubrique jardin de février 2000). Ne taillez jamais les branches basses au ras de la touffe mais à la périphérie des arbustes, sinon elles ne repoussent plus et des trous apparaissent au pied. Pas de doute : une taille régulière chaque année permet de garder la haie bien dense et vigoureuse.
Si les arbustes sont trop dégingandés et déplumés du pied, n’hésitez pas à les retailler très court à 50 cm du sol pour provoquer la repousse de jeunes branches vigoureuses. Rares sont les arbustes qui ne s’en remettent pas : le baguenaudier, les céanothes persistantes, l’ajonc, le genêt et le cytisus. Avec eux, il faut tailler tous les ans, après la floraison, en revenant sur le début du bois jeune poussé l’année précédente, car ces arbustes pantouflards oublient de nourrir les bourgeons de renouvellement sur le vieux bois.
 
Certains arbustes se dégarnissent très vite : troène, cotonéaster, photinia… Avec eux, soyez ferme, taillez dur et court s’il le faut. Les branches basses de ce cotonéaster, planté trop près du muret, sont taillées trop au centre ou tendent à se dégarnir. Dans ce cas, seule une taille annuelle à la cisaille permettra d’étoffer la haie en dépit de la place restreinte.
En isolé, taillez comme vous le sentez et selon le mode de floraison. Mais pas à la “militaire”. Pour des arbustes à bois décoratif, enlevez beaucoup de branches âgées de 3 ans dès la base, pour faire apparaître des jeunes pousses plus colorées.
 
jardinage
D.Pépin

L’important, c’est d’observer


Aucun livre, aucune démonstration ne remplaceront l’œil du jardinier raccordé à sa mémoire. Regardez où vous aviez coupé les années précédentes et observez comment l’arbuste a réagi.
Vous savez que certains arbustes fleurissent au début du printemps, donc sur des branches poussées l’année passée (forsythia, deutzia, spirées, rosiers non remontants…). Si vous les taillez trop dur cet hiver, vous supprimerez une partie de la floraison. Si vous pouvez, attendez la fin de floraison.
D’autres fleurissent sur des branches de l’année qui poussent à partir du printemps : buddleia, céanothe caduque, rosier remontant, lavande, lavatère, potentille, abélie… Il est souhaitable de les tailler assez court en fin d’hiver pour stimuler la production de nouvelles branches florifères. Plus ou moins court et plus ou moins de branches chaque année, selon qu’ils sont en haie ou en isolé. À vous de voir.

Quand faut-il tailler ?


Commencez en février les gros chantiers de taille de nettoyage, de réduction de volume de la haie. Sinon, attendez mars, après les grandes gelées, s’il y en a.


Textes et photos: Denis Pépin


 
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