Virginie Bonnaillie-Noël : La boss des maths

Christophe Simonato pour Rennes Métropole
Il pleuvait sur Rennes ce jour-là. Mais Rennes lui a plu. Alors, Virginie Bonnaillie-Noël y a quand même posé ses valises. A l’intérieur ? Des piles soigneusement pliées d’équations dérivées partielles et une trousse d’analyse numérique. Le parfait nécessaire de la jeune mathématicienne, que Virginie Bonnaillie-Noël étrenne depuis octobre 2004 dans les locaux de l’Irmar, à l’ENS Cachan.
En partenariat étroit avec ses homologues physiciens, la chargée de recherche du CNRS poursuit à Ker Lann ses travaux sur la supraconductivité et les transports quantiques. Recouvert de hiéroglyphes hellènes, le tableau Véléda de son bureau témoigne de son activité quotidienne. « Ces calculs doivent nous permettre d’identifier, de mesurer et d’améliorer les propriétés de certains matériaux, notamment ceux qui transportent le courant sans dissipation d’énergie », décrypte la chercheuse. Et la jeune femme d’évoquer les trains japonais qui circulent en lévitation, quelques centimètres au-dessus des rails. Certaines démonstrations exigent parfois des années de travail pour sortir de l’impasse. D’autres auraient jeté l’éponge depuis longtemps quand Virginie Bonnaillie-Noël s’accroche encore. Prévoyante, la jeune femme a toutefois décidé d’ouvrir cette année un nouveau front dans ses recherches : les fissures. « A l’aide de quelques modèles mathématiques, il s’agira de comprendre comment naissent et évoluent les fissures dans un bloc de béton, par exemple », explique-t-elle. Le calculateur surpuissant que l’allocation d’installation scientifique (10 000 €) de Rennes Métropole lui permettra d’acquérir ne sera pas de trop pour épauler le tableau Véléda.
Olivier Brovelli
Revenir à la liste des Lauréats 2006