Yves Méheust : vitesse des eaux

 
Yves Méheust étudie les écoulements et le transport de solutés dans le sous-sol, en Bretagne, notamment. Il reçoit l'allocation d'installation scientifique 2009.
 
Quand il pleut, l’eau s’infiltre dans le sous-sol par les interstices des roches, en transportant des substances dissoutes appelées « solutés ». Si le phénomène coule de source, les mécanismes à l’œuvre sont complexes. Au laboratoire Géosciences (Université de Rennes 1), Yves Méheust en a fait sa spécialité.
 
Yves Méheust (S. Priou)
Yves Méheust a rejoint le laboratoire de Géoscinces de Rennes 1 (S. Priou)
 
Physicien de formation, familier de Normale Sup’ et des argiles de Norvège, le chercheur a intégré son équipe d’hydrogéologie il y a trois ans. Son rôle ? Etudier les écoulements et le transport de solutés dans le sous-sol, en particulier dans les milieux poreux et fracturés. Bâtie sur un socle de roches magmatiques et métamorphiques, la Bretagne est un bon terrain de recherche. Les applications locales sont évidentes, en lien avec la reconquête de la qualité des eaux.

Mais Yves Méheust quitte rarement son laboratoire où il reproduit, à l’échelle métrique, les mouvements d’eau et de solutés du sous-sol. Dans ses bacs de billes de verre, il suit le déplacement de solutions aqueuses colorées, mesure leur concentration avec du matériel optique de pointe. « Mon travail sur ces milieux génériques est complémentaire des études de terrain et des simulations numériques, explique-t-il. Il s’agit d’une description simplifiée de la réalité, présentant les mêmes caractéristiques géométriques, mais permettant une mesure fine des processus ».

A l’avenir, Yves Méheust souhaite étoffer ses recherches par l’étude des effets gravitaires. « La dispersion hétérogène des solutés dans l’eau donne au fluide une densité variable. Ce phénomène a une incidence sur l’écoulement, dont je veux analyser le poids », précise le chercheur. Aujourd’hui, la science mesure efficacement la dispersion des solutés - polluants ou minéraux - dans le milieu. Demain, elle devra donner une mesure précise de la vitesse locale, forcément hétérogène, des écoulements.

Pour ce faire, le chercheur rennais mise sur la technique de « vélocimétrie à image de particules », requérant des caméras numériques haute définition et un logiciel sophistiqué de traitement d’image. L’allocation d’installation scientifique de Rennes Métropole (40 000 €) lui permettra de faire sauter le verrou technologique.

Olivier Brovelli


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